[Test] PEN-F : faut-il craquer pour l'appareil hybride rétro d'Olympus ?

 

5 raisons de craquer (ou pas) pour l’Olympus PEN-F

La nostalgie est partout aujourd'hui. Aujourd’hui, tout semble rétro avec des films, des téléviseurs et même des appareils photo qui s’inspirent d’un bon vieux temps tout à fait fictif. Le PEN-F est la référence rétro d’Olympus, puisqu’il s’agit de la version numérique d’un appareil photo lancé en 1963. Dans les faits, ce design rétro se traduit surtout par un nombre impressionnant de boutons et de molettes. Si cette orgie de molettes peut effrayer les photographes novices, elle offre cependant un immense potentiel aux photographes expérimentés qui souhaiteraient personnaliser l’appareil selon leurs besoins.

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Oui, pour ses contrôles

En prenant en main le PEN-F, on remarque directement une chose : l’appareil propose beaucoup de touches. Avec un total de neuf molettes et douze boutons, il s’agit de l’un des appareils actuels avec le plus contrôle manuel.

L’avantage, c’est que l’on peut accéder très rapidement aux contrôles de l’appareil photo. Vous avez besoin de modifier l’exposition ? Il vous suffit de tourner la molette en haut à droite. Vous voulez photographier en noir et blanc ? Tournez la molette de mode à l’avant de l’appareil vers mono. L’inconvénient est que l’appareil peut paraître intimidant pour un photographe novice. On ne sait pas trop par où commencer.

Cette approche manuelle s’étend même à l’objectif 17 mm de Zuiko testé avec l’appareil photo. Si vous souhaitez faire manuellement la mise au point, tirez simplement l’anneau de mise au point. Contrairement à la plupart, il est simple et confortable à utiliser. L’objectif intègre également une autre fonctionnalité rétro : un indicateur de profondeur de mise au point qui indique les éléments mis au point à différentes ouvertures.

La plupart des boutons ont un objectif dédié, mais les deux boutons de fonction ouvrent considérablement les options. Par défaut, le premier (Fn1) fonctionne comme un verrou de mise au point et d’exposition, tandis que le second permet de basculer entre l’écran et le viseur électronique. Cependant, ces boutons peuvent être personnalisés pour effectuer à peu près n’importe quelle fonction. Vous pouvez atteindre la touche FN1 avec votre pouce lorsque vous tenez l’appareil à deux mains, mais pas à une seule. À cause de l’absence de poignée avant, l’appareil a tendance à glisser lorsque vous essayez de l’atteindre.

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Oui, pour la qualité d’image

Le PEN-F utilise un capteur MOS de 20 mégapixels au format micro 4/3 qui capture des images avec une définition maximale de 5184 pixels par 3888. Un capteur capable de capturer des clichés de très haute qualité avec un excellent niveau de détail et une très large plage dynamique.

Le PEN-F propose une stabilisation d’image sur cinq axes, ce qui signifie que le capteur d’image peut bouger sur cinq axes différents pour compenser les tremblements de main. Le système fonctionne bien, mais n’est pas capable de compenser plus qu’un simple tremblement. En faible luminosité ou en mouvement, les images restent floues.

L'Olympus PEN-F sans filtre. Credit: Richard BaguleyL'Olympus PEN-F sans filtre. Credit: Richard Baguley

Le boîtier propose également une large sélection de filtres. Les modes de prise de vue incluent de nombreuses interprétations différentes de la couleur comme un mode naturel, vif ou monochrome. De plus, le PEN-F offre beaucoup de contrôle sur des aspects plus techniques comme la courbe gamma des couleurs jusqu’à 12 teintes différentes. C’est énorme. Peu d’appareils offrent en effet plus de deux ou trois courbes différentes.

Le mode Soft Focus sur l'Olympus PEN-F. Credit: Richard BaguleyLe mode Soft Focus sur l'Olympus PEN-F. Credit: Richard Baguley

Les filtres artistiques retouchent encore davantage l’image pour produire un look spécifique comme un vieux film, de l’aquarelle ou autres. Ils proposent également des modes soft focus pour des portraits plus flatteurs ou key line, qui ajoute des aplats plus tranchés aux éléments. Ils peuvent être réglés directement depuis le menu à l’écran ou en tournant la molette artistique à l’avant de l’appareil.

Le mode artistique Key Line sur l'Olympus PEN-F. Credit: Richard BaguleyLe mode artistique Key Line sur l'Olympus PEN-F. Credit: Richard Baguley

Un autre élément intéressant est le mode Hi-Res qui peut être utilisé en photographiant un objet fixe. Dans ce mode, l’appareil photographie plusieurs images en bougeant légèrement le capteur entre les prises de vue et en combinant les images pour produire une photo plus nette. Cette fonction permet de créer des images clairement plus nette et plus propre, mais ne fonctionne que sur les objets totalement immobiles. Le moindre mouvement produira en effet une image floue.

Si le PEN-F offre une sensibilité maximale impressionnante de 256 000 ISO, les images prises avec ce paramètre, comme à 12 800 ou 6 400 ISO, sont très granuleuses avec peu de saturation et des couleurs plates. Le PEN-F propose cependant un niveau de réduction de bruit qui s’avère assez efficace pour réduire le bruit sans perdre trop de détails dans l’image. 

Non pour l'absence de vidéo 4K

Olympus PEN-F Video Sample

Le PEN-F offre une fonctionnalité dont ses ancêtres n’auraient même pas rêvé : il filme des vidéos. La qualité en haute définition est excellente avec des couleurs vives et beaucoup de détails. Cependant, malgré la bonne qualité, la mise au point de l’appareil est trop lente, ce qui signifie que les objets en mouvement ou les déplacements de la caméra provoqueront environ une seconde de vidéo floue pendant que l’appareil refait la mise au point.

Olympus PEN-F Carosel Video Sample

Le PEN-F enregistre en Full HD (1920 pixels par 1080) à 60 images par seconde. Un mode supplémentaire à 120 images par seconde est disponible, il permet d’enregistrer des séquences au ralenti à 60 images par seconde. Il n’y a cependant pas de mode 4K, alors que ce mode est disponible sur la plupart des appareils concurrents comme le Panasonic GX80 et le Sony Alpha 6300.

Non pour sa mise au point trop lente

Nous avons testé le PEN-F avec un objectif Zuiko 17 mm. Cet objectif est connu pour faire la mise au point en une fraction de seconde. Le PEN-F utilise une mise au point par détection de contraste, avec des capteurs qui cherchent les points avec les plus forts contrastes pour déterminer la mise au point. Beaucoup d’appareils photo modernes y ajoutent également un système plus rapide de détection de phase.

En faible luminosité avec un mode de mise au point en continu, l’appareil d’Olympus baladait constamment l’objectif entre deux points en essayant de déterminer lequel était le bon. Un processus particulièrement frustrant puisqu’il empêche de composer l’image calmement. Finalement, nous avons dû passer au mode de mise au point simple avec une mise au point uniquement lorsque l’on presse à moitié le déclencheur.

L’appareil photo n’a eu aucun problème à faire la mise au point sur les vitraux dans notre exemple de photo. Cependant, en essayant de prendre en photo des statues et des gravures avec peu de contraste, le PEN-F s’est avéré bien plus lent qu’attendu.

En mode rafale, le PEN-F permet de photographier à 10 images par seconde, mais avec une prévisualisation saccadée avec ce débit. Pour une meilleure prévisualisation, préférez le mode à 5 images par seconde. Un mode rafale silencieux est également disponible, désactivant le bruit de l’obturateur mécanique.

Oui pour son design rétro et compact

Bien qu’il soit couvert de molettes et de boutons, le PEN-F est un petit appareil photo, avec un format de 125 x 72 x 37 mm. Il n’est cependant pas léger avec un poids de 373 grammes sans objectif. La surface de l’appareil qui n’est pas recouverte de boutons a une texture plastifiée qui vous permet de bien prendre en main le boîtier. Un grip à l’arrière fournit également un bon endroit pour permettre au pouce de se reposer, mais l’absence de poignée avant rend l’appareil difficile à tenir si vous courez ou marchez.

Comme de plus en plus de concurrents, l’appareil reprend un design rétro qui n’est pas sans déplaire à l’œil. Cependant, Olympus peut également se targuer de s’appuyer sur tout une gamme d’appareils plus anciens, issus de la gamme Pen lancée en 1959. On apprécie particulièrement son grip faisant tout le contour du boîtier, mais également l’aspect solide en aluminium.

Le PEN-F saura séduire les fans d’appareils photo rétro, puisqu’il rappelle clairement les appareils photo à l’ancienne avec lesquelles on a grandi. La nostalgie n’assure cependant pas de bonnes photos et heureusement, le PEN-F utilise des technologies de pointe. Outre son écran brillant et son très bon viseur électronique, il produit d’excellentes photos et de bonnes vidéos en Full HD. Mieux encore, il est hautement personnalisable et saura ravir les photographes qui aiment les détails.

Cependant, le PEN-F se paie au prix fort. Commercialisé à 1400 euros, il est plus cher que des appareils similaires comme le Panasonic GX85, annoncé à 700 euros et capable de filmer en 4K, ou le Sony Alpha 6300 et ses 1200 euros pour une définition supérieure et un meilleur autofocus. Cependant, la personnalisation, la qualité d’image et le look rétro font du PEN-F un bon choix d’appareil hybride pour les photographes pointilleux. 

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