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Covid-19 : un fabricant de matériel médical veut interdire l’impression 3D

Même en temps de pandémie, les entreprises du monde médical ne renoncent pas à la recherche de profit. L’une d’entre elles menace même de poursuites les bénévoles qui impriment en 3D des pièces pourtant en rupture de stock.

Image 1 : Covid-19 : un fabricant de matériel médical veut interdire l’impression 3D
Crédits : Cristian Fracassi

La pandémie Covid-19 pourrait être une bonne occasion pour repenser nos priorités. Si on a vu l’émergence du hacking, DIY et autre impression 3D venir à l’aide de patients atteints par ce nouveau coronavirus, un fabricant de matériel médical ne compte pas tirer si facilement un trait sur ses profits.

Ces bons samaritains de l’impression 3D

C’est d’Italie, pays très touché par la pandémie Covid-19, que nous vient cette histoire. L’hôpital de Brescia s’est retrouvé à court de valves qui permettent aux patients en soins intensifs d’être reliés à un respirateur artificiel. Naturellement, la direction de l’hôpital s’est tournée vers le fabricant du matériel qui n’a pas pu répondre à la demande, cette valve étant en rupture de stock. L’idée est alors aux médecins de se tourner vers le journal local pour tenter de trouver une solution par l’impression 3D. Cette technologie est de plus en plus présente dans le milieu médical, capable d’imprimer des plâtres ou de fournir des prothèses de main aux enfants.

Cristian Fracassi et Alessandro Ramaioli à la tête d’Isinnova, une startup locale d’impression 3D, ont rapidement été contactés par Massimo Temporelli, fondateur du FabLab de Milan, incapable de se déplacer à cause des restrictions en place. Ils n’ont pas tardé à répondre à l’appel. Après avoir contacté le fabricant pour tenter d’obtenir un schéma 3D de la fameuse valve, celui-ci ayant catégoriquement refusé de le leur fournir, les 2 hommes se sont lancés dans la modélisation de la pièce. En 6 heures seulement, le premier prototype était prêt à être testé.

Cela n’a pas plu à l’entreprise qui menace maintenant de poursuivre les 2 hommes en justice, probablement pour contrefaçon ou violation de brevet. Il faut dire que la pièce en question est vendue 10 000 euros. La version imprimée en 3D coûte environ 1 euro. Toutefois les 2 hommes se défendent d’avoir cherché à profiter de la situation, les valves étant indisponibles et les patients en danger. Paola Pisano, la ministre italienne pour l’Innovation technologique et la Numérisation n’a d’ailleurs pas manqué de féliciter tous les makers investis dans ce projet et dont les valves aident maintenant une dizaine de patients.

[Mise à jour au 19 Mars 8h20] Le fabricant de matériel médical dont il est fait mention dans cet article, Intersurgical, a depuis répondu par la voix de son directeur Charles Bellm affirmant que les informations rapportées par le journal italien Business Insider étaient erronées. Le prix de 10 000 euros s’applique à l’ensemble du respirateur artificiel, la valve seule coûtant quelques euros. Il assure également ne jamais avoir menacé de poursuites les personnes impliquées. Massimo Temporelli maintient toutefois que l’entreprise a clairement annoncé aux makers l’illégalité de ce qu’ils comptaient faire, copiant les brevets du fabricant.

Source : The Verge