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La seiche réussi le test marshmallow auquel beaucoup d’enfants échouent

Une étude menée sur les céphalopodes montre que les seiches sont capables de passer le test du marshmallow. Elle démontre aussi le lien entre intelligence et retenue pour la première fois ailleurs que chez l’Homme ou le chimpanzé.

Le test du marshmallow permet de tester la retenue d’un sujet avec la promesse d’une récompense plus importante en cas de réussite. Souvent réalisé sur des enfants à des fins récréatives et diffusés par des parents amusés sur Youtube ou Facebook, il consiste à déposer une guimauve (ou un bonbon) devant l’enfant avec la promesse d’une deuxième récompense s’il n’y touche pas.

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Crédit : pixabay

En adaptant ce test aux animaux, cela permet de tester leur réaction et permettrait, selon les scientifiques, de mesurer un certain degré d’intelligence. À titre d’exemple, des animaux disposant d’un cerveau de taille importante comme les chimpanzés, les perroquets ou les corbeaux peuvent tolérer un délai de 50 à 130 secondes pour l’obtention d’une récompense plus importante.

Une grande capacité d’adaptation

L’étude faite sur un groupe de seiches montre que l’animal peut résister à la tentation pendant un temps similaire à celui des chimpanzés. Malgré une divergence évolutive datant d’environ 550 millions d’années, le céphalopode et les vertébrés ont en commun un système nerveux central très développé permettant un apprentissage très précoce.

Les chercheurs ont également constaté pendant l’étude que les spécimens résistants le mieux à la tentation étaient également ceux ayant les meilleures capacités d’apprentissage. L’inverse a également été constaté. Ces résultats permettent aux scientifiques de relier intelligence et self-control pour la première fois chez un animal autre que le chimpanzé (et l’Homme bien évidemment).

Ce n’est pas la première fois que ce genre de comportement est remarqué chez la seiche. L’année dernière, une autre étude montrait que l’animal était capable de réduire sa consommation de nourriture en journée si son plat préféré, la crevette, était au menu du soir. Par contre, si l’apport en crevette le soir devenait moins régulier, le céphalopode se rabattait sur les crabes en journée pour couvrir ses besoins journaliers.

D’où lui vient cette patience ?

Chez l’être humain, la patience nous est apprise dès le plus jeune âge. Attendre que tout le monde finisse de manger pour sortir de table est quelque chose de courant pour nous. De même, notre journée est segmentée en fonction des horaires, et ce dès l’enfance.

D’autres animaux vont utiliser des outils pour s’offrir leur repas. Un oiseau laissera tomber un caillou sur un œuf. Un chimpanzé est capable de choisir une brindille, de l’effeuiller et de l’utiliser dans une termitière pour se faire un petit festin. Cette capacité de planification développe nécessairement une forme de patience et de persévérance avec une récompense à la clé.

Pour la seiche, c’est différent. Il ne s’agit ni d’un animal social ni d’un utilisateur d’outils. Selon les chercheurs, cela viendrait de son mode de défense. La seiche va principalement recourir au camouflage comme défense principale. Néanmoins, lorsqu’elle creuse pour chercher sa nourriture, elle devient extrêmement vulnérable. La seiche se serait donc adaptée et aurait développé ce self-control pour sa propre sécurité. Un nouvel exemple dans le règne de notre vieux proverbe, la patience est mère de toutes les vertus.

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Source : phys.org