Ces derniers mois, la France est devenue le théâtre de violations de données à répétition. Une réalité préoccupante mise en lumière par la dernière étude de Surfshark qui dresse un classement mondial du phénomène.

Les fuites de données sont désormais monnaie courante en France. Avec toutes les conséquences néfastes que cela induit pour les utilisateurs touchés, entre vols de leurs identifiants sensibles, campagnes ciblées d’escroquerie ou encore usurpations d’identité. Dans sa dernière étude, Surfshark met en perspective le fléau des violations de données en établissant un classement des pays les plus touchés.
Le fournisseur de VPN signale le piratage de 210,3 millions de comptes entre janvier et mars dans le monde. Sans grande surprise, la France se classe à la seconde position du classement. 23,5 millions de comptes ont été compromis au cours du premier trimestre 2026, soit une hausse de 108,6 % par rapport au trimestre précédent. Cela représente environ 3 comptes français piratés chaque seconde.
Distancée par les Etats-Unis (60,3 millions de comptes compromis), la France se place devant l’Inde, le Brésil et le Royaume-Uni.

La France est le second pays le plus touché par les fuites de données au premier trimestre 2026
Si l’on élargit la temporalité, on constate que l’Hexagone est l’un des pays les plus touchés depuis 2004. 740,9 millions de comptes ont été compromis jusqu’alors, ce qui nous classe au quatrième rang mondial. Parmi les données fréquemment dérobées, on retrouve notamment les mots de passe (488,8 millions), les noms d’utilisateur (196,8 millions) mais aussi les numéros de sécurité sociale (643 300), les données financières de cartes bancaires (19 700) ou encore les numéros de téléphone (65,2 millions) et les adresses (77,4 millions).
Alors que l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a été piratée tout récemment, il est urgent que les autorités compétentes agissent concrètement pour empêcher les prochaines fuites. “C’est une hécatombe ce qui se passe en France sur les données personnelles. Les répercussions vont être terribles. Je pense sincèrement que beaucoup n’ont aucune idée de l’ampleur du phénomène”, s’inquiète le hacker éthique Clément Domingo qui tire quotidiennement la sonnette d’alarme.
L’augmentation des compromissions est notamment liée à la démocratisation de l’IA générative exploitée par les cybercrminels pour peaufiner leurs arnaques. Celle-ci leur offrirait en outre un champ d’action plus grand :
“À mesure que les entreprises adoptent l’IA, elles stockent davantage de données utilisateurs, multiplient les systèmes numériques et intègrent plus de plateformes. Cela améliore leur efficacité, mais crée aussi davantage de points de vulnérabilité. Les hackers disposent aujourd’hui d’un environnement plus vaste et plus complexe à exploiter”, explique Tomas Stamulis, Chief Security Officer chez Surfshark.
Source : Surfshark