Le piratage pèse lourdement sur Ligue1+. Directeur général de LFP Media, Nicolas de Tavernost dénonce “un fléau” qui aurait fait perdre 100 millions d’euros au principal diffuseur du championnat de France de football.

C’est déjà l’heure du bilan pour Ligue 1+, la plateforme de diffusion de la Ligue de football professionnel (LFP). Celle-ci avait été lancée au début de la saison 2025-2026 dans un contexte marqué par la persistance du piratage et la crise des droits TV. Ces sujets encore brûlants ont été abordés par Nicolas de Tavernost, entendu ce mercredi au Sénat par la Commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport.
Le directeur général de LFP Media estime que Ligue 1+ est parvenu à attirer “un peu moins de 1,1 million d’abonnés”. Un chiffre encourageant qui devrait encore grossir la saison prochaine, la plateforme ayant récupéré les droits de diffusion des neuf rencontres de chaque journée. “Nous attendons à peu près 30 % d’augmentation de notre nombre d’abonnés grâce à l’exclusivité”, anticipe le dirigeant qui appelle aussi à renforcer la lutte contre le piratage.
Ligue 1+ a perdu près de 100 millions d’euros à cause du piratage
Et pour cause, de nombreux fans se rendent encore sur des sites de streaming et des diffusions pirates sur Telegram ou Discord pour regarder le football gratuitement. Certains s’abonnent aussi à des IPTV illégales qui leur permettent d’accéder aux matchs (et à d’autres services et chaînes payants) à moindre coût. Des pratiques qui auraient entraîné un manque à gagner de “100 millions d’euros” pour Ligue 1+, déplore Nicolas de Tavernost.
“Nous estimons qu’il y a entre 400 et 800 000 abonnés qu’on aurait pu avoir en plus s’il n’y avait pas eu le piratage”, avance le patron de LFP Media. Il appelle ainsi les autorités à sanctionner plus durement les personnes qui utilisent des moyens détournés pour regarder les matchs, au mépris des ayants droit. Et de saluer la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel qui prévoit le lancement d’un nouvel outil anti-piratage.
Celui-ci permettrait à l’Arcom “de bloquer en temps réel l’accès à des sources de diffusion illicite, pendant la diffusion en direct d’un événement sportif”. Un dispositif qui pourrait être opérationnel pendant la Coupe du monde si la loi est adoptée à temps.
Pour mémoire, la lutte contre le piratage s’est intensifiée dans les tribunaux ces derniers mois. Les ayants droit sont parvenus à faire bloquer de nombreux sites de streaming et services illicites d’IPTV. Et ils ne se contentent plus de blocages opérés au niveau des FAI, ciblant également les intermédiaires techniques qui permettent aux utilisateurs de pirater. Des ordonnances visent ainsi les VPN et les résolveurs DNS, contraints de bloquer l’accès à plusieurs plateformes prohibées.
Autre tournant, après les têtes de réseaux et les revendeurs, les usagers sont également sanctionnés. A Arras, une vingtaine d’utilisateurs d’une IPTV illégale ont été condamnés à des amendes allant de 300 à 400 euros.