Internet : mieux gérer sa vie privée

Nathalie Kosciusko-MorizetNathalie Kosciusko-MorizetNombreux sont les internautes regrettant de voir des données les concernant disponibles en ligne aux yeux de tous. Proposées aussi bien par les premiers concernés que dénichées par les moteurs de recherches, ces informations semblent gravées dans le marbre numérique sans modification possible. On peut pourtant les identifier et éliminer les plus gênantes.    

Nathalie Kosciusko-Morizet a initié le débat en décembre dernier. Pour la secrétaire d’État, ce droit à l’oubli numérique, un thème finalement presque philosophique, est essentiel pour chaque internaute. Tout le monde devrait pouvoir avoir une maitrise directe sur les données le concernant et disponible aux yeux de tous. Dans cette optique NKM a ouvert sur son récent site une « Place publique » consacrée au sujet : vote, pistes ouvertes par la Charte sur le droit à l’oubli et partage d’idées. Les conclusions viendront nourrir la « loi sur le respect de la vie privée à l’heure des mémoires numériques » votée en première lecture au Sénat le 23 mars dernier.

Les exemples d’informations délicates circulant sur Internet sont nombreux : photo prise dans des circonstances peu reluisantes, propos tenus sur un forum plus assumés, coordonnées complètes compilées par des sites d’annuaires ou pire encore, vidéo érotique. Pour autant, certains spécialistes du Web, minoritaires, combattent cette idée de droit à l’oubli, comme Yan Claeyssen, président d’ETO Digital, récemment dans une tribune. Pour lui « l'établissement d'un droit à l'oubli numérique est une fausse bonne idée ». Au-delà des questions de droit international (« les données sont hébergées dans plusieurs serveurs souvent dispersés aux quatre coins du monde »), c’est d’un point de vue philosophique que cette notion lui pose problème, car elle « pourrait rapidement être assimilée à un droit de dire et de faire n'importe quoi sur l'ensemble des médias digitaux ».

Dans le prolongement de ce débat de fond, l’internaute peut déjà actionner plusieurs leviers pour maitriser les données le concernant sans attendre l’adoption définitive d’une loi. Pour cela il faut d’abord limiter ses traces laissées sur le Web.        

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10 commentaires
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  • Je ne vois pas pourquoi on devrait défendre les étudiants en école d'ingénieur qui montrent leurs fesses ...
    S'ils ne sont pas capables d'avoir l'intelligence de comprendre les impacts de leur geste à 22ans, je ne vois pas pourquoi on leur confierait des responsabilités à 25 ...

    En attendant, la meilleure solution pour protéger sa vie privée, sinon de ne rien écrire, c'est de posséder autant de pseudo que l'on souhaite avoir de "profils", et segmenter tous les groupes, pour que l'accès à un seul profil ne révèle pas les autres.
    (comme pour un sous-marin, on crée des compartiments étanches)
    Ainsi, on aura plus le moindre scrupule à relier ses photos de soirée à son profil astrad2814 sur facebook, tant que notre famille ne nous connais pas d'autres pseudo que Tintin28.
    Et bien entendu, ne jamais donner ses informations réelles (adresses, téléphone) qu'avec son profil public (e-commerce notamment) ... Par contre, dans le cas de commerce plus privé (achat de jeu web par exemple), ne pas hésiter à mentir sur toute info personnelle. (non, personne ne vérifie le propriétaire de la cb ;) )

    Et s'il y a des andouilles qui se font attraper ... Ils n'ont qu'à assumer.
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  • +1 Wiiip.
    Les idiots qui 1)montrent leurs fesses 2)boivent comme des trous 3)prennent des photos de ça 4)mettent ce genre de photos sur le web 5)... 6)... méritent les retombées.

    J'ai été lire les liens (Marc L et Facebook's eroding privacy policy), ça fait peur ! (heuresement, je ne me suis pas senti concerné ^^)

    En tout cas, très bon dossier.
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  • Wiiip a dit :
    En attendant, la meilleure solution pour protéger sa vie privée, sinon de ne rien écrire, c'est de posséder autant de pseudo que l'on souhaite avoir de "profils", et segmenter tous les groupes, pour que l'accès à un seul profil ne révèle pas les autres.


    Bonjour Wiiip,

    Il semble en effet judicieux de segmenter ses "profils" sur le net.

    Toutefois, je ne suis pas d'accord avec le conseil "de ne rien écrire" du moins en son propre nom, car c'est laisser la place visible à des informations de différentes natures comportant votre nom. Ces informations sont la plupart du temps neutres ou bénéfiques, mais ce n'est pas toujours le cas.

    Je conseillerais simplement de garder à l'esprit que même si vous ne communiquez pas en votre nom sur Internet, d'autres vous citerons tôt ou tard, et cela même d'origines dont vous ne vous seriez pas douté, comme les administrations par exemple.

    Cdt,

    Stéphane - What ID
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  • Merci pour la citation.
    @Wiiip Je crois qu'aujourd'hui il est plus facile de condamner que de "se mettre à la place de". On ne peut pas dire que "Nul était censé ignoré" ce que le Web allait devenir et sera. Nous découvrons jour après jour - exemple de Facebook est manifeste - que ce qui était vrai hier ne l'est pas maintenant (cf l'évolution des paramètres de confidentialité). Rappelons également que le Net désinhibe est que nous pouvons tous un jour voir apparaître des traces sorties de leur contexte.
    D'autre part, défendre le principe de laisser le passé au passé est un droit légitime.
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  • Citation :
    Les idiots qui 1)montrent leurs fesses 2)boivent comme des trous 3)prennent des photos de ça 4)mettent ce genre de photos sur le web 5)... 6)... méritent les retombées.


    Le problème s'est que parfois les photos sont prises en mises en ligne par d'autre.
    Sinon effectivement si on étale volontairement sa vie sur facebook, faut pas venir pleurer après...
    Facebook c'est le mal!
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  • On se dit tout ce que j'écris laisse des traces... Tout le monde peut les lire... Et en plus, mon opinion peut me nuire quand on m'embauchera...
    Alors que faire? La société nous dit: tais-toi et travaille. Et nous obéissons.
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  • Bonjour

    * Elles me semblent injustifiées, les crainte de Yan Claeyssen. En effet, le droit à l'oubli ne signifie pas la disparition immédiate des "n'importe quoi" sur la toile, mais d'un droit, au double sens du terme, que l'on retrouve dans toutes les dispositions légales françaises, y compris les condamnations. Et en ce qui concerne l'internet, un an de parution d'un "n'importe quoi" laissera à son auteur le temps de le regretter, si tant est qu'il le regrette.
    * Nul n'est à l'abri d'une bourde, d'un propos qui dépasse la pensée . . . Nul n'est astreint, ou ne doit l'être, à le supporter à vie. Et encore s'agit-il de faits personnels. Pis encore, qu'en est-il de la publication, à l'insu de la personne concernée de photographies par exemple, compromettantes ou non. Le droit à l'image, le respect de la vie privée sont partie intégrante de notre législation, ceux-ci, en l'occurrence étant appuyés sur nos traditions. La suppression automatique de telles données, à échéance d'un an, éviterait que circulent des informations se rapportant à une personne, sans même qu'elle en ait connaissance.

    Multiplier les pseudo, comme il est proposé, tombe justement dans les craintes exprimées par Yan Claeyssen. Un propos que l'on sait diffamatoire, un pseudo créé. Un second, un second pseudo. Des propos illicites dans un forum, un 3ème pseudo (tous les forums n'ont pas une modération active, et les contrôles par les autorités bien peu signifiants). C'est justement dans ce cas que le"n'importe quoi" se répand et j'ai connu bien des forums "pourris" par ces méthodes. Il ne s'agit pas dans mes propos d'une volonté de bannir le droit aux pseudos, pseudos au pluriel avec une S interdite, mais la démonstration, du moins je l'espère, de l'exemple d'une fausse bonne idée.

    @+
    JM
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  • Bonjour,
    Pour moi les problèmes de confidentialités sont des problèmes d'éducation.
    Depuis des années on vends des machines et des forfaits internet à une population crédule qui ne sait pas utiliser ces outils formidables.
    Je pense que malheureusement nous aurons de moins en moins de controle sur notre vie privée et pour argumenter je peu citer la nouvelle génération d'internaute qui utilise le reseau comme une simple ligne téléphonique et qui ne se rend méme pas compte du danger .Une génération qui ne connait pas le matériel qu'il utilise et qui ne cherche pas à le connaitre.
    Comment voulez-vous parents éduquer vos enfants à la notion de vie privée si tous comme eux vous n'etes pas capable de faire autre chose que de lancer votre navigateur et surfer sur vos reseaux sociaux avec vos 500 super amis qui se feront un plaisir de partager vos données.
    Aucune loi voté en france ne vous permettra de reprendre le controle de vos précieuses données .Vos sites favori ne sont pas hebergé chez nous et ne sont pas soumis à nos règle.
    Je terminerais avec un bon conseil.Utiliser un simple logiciel de messagerie instantané ,contentez-vous d'ami physique et installer un spyware sur les machines de vos enfants pour controler leurs surf.
    @+
    JCR
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  • On peut aussi appliquer une autre strategie avec cette fois ci un seul pseudo: creation d'un personnage complet.

    Ca demande un grand controle de ce qu'on dit et ce qui est dit mais c'est pas infaisable.
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  • que veut-tu dire par là ?
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