Une récente décision de justice enjoint plusieurs fournisseurs de VPN de renom à bloquer l’accès à des IPTV pirates et sites de streaming illégaux depuis la France. De quoi porter un coup dur à ces plateformes illégales.

Pour éviter de payer les abonnements au prix fort, certains internautes optent pour des services IPTV pirates. Ces derniers permettent d’accéder à moindre coût à des chaînes sportives payantes ou à des plateformes de SVOD, moyennant un tarif dérisoire. Face à cette pratique illégale qui persiste, Canal+, la Ligue de football professionnel (LFP) et consorts mènent une campagne féroce en France. Et celle-ci porte ses fruits si l’on se fie aux récentes décisions rendues par le Tribunal judicaire de Paris.
Dans cette guerre contre le piratage, les ayants droit cherchent à rendre les subterfuges inopérants. Il faut dire que les resquilleurs parviennent facilement à détourner les blocages exercés par les FAI en changeant leurs paramètres DNS. Désormais, le tribunal peut enjoindre les fournisseurs de DNS alternatifs (comme Google DNS et Cloudflare) à bloquer l’accès à des domaines diffusant illégalement des contenus. Voici les sites de streaming et les IPTV concernés par la décision du 19 décembre 2025 :
- antenashop.site
- antenawest.store
- daddylive3.com
- hesgoal-tv.me
- livetv860.me
- streamysport.org
- vavoo.to
- witv.soccer
- veplay.top
- jxoxkplay.xyz
- andrenalynrushplay.cfd
- marbleagree.net
- emb.apl375.me
- hornpot.net
- td3wb1bchdvsahp.ngolpdkyoctjcddxshli469r.org
- ott-premium.com
- rex43.premium-ott.xyz
- smartersiptvpro.fr
- eta.play-cdn.vip:80
IPTV pirate : les VPN contraints de bloquer les internautes français
Comme les résolveurs DNS, les fournisseurs VPN doivent également se muer en agents répressifs. ProtonVPN, NordVPN, CyberGhost, Surfshark et ExpressVPN ont été enjoints par le tribunal parisien à bloquer l’accès à 13 domaines (voir ci-dessous) permettant de visionner des flux sportifs piratés. Il s’agit d’une ordonnance “dynamique” ; par l’intermédiaire de l’ARCOM, la LFP peut ajouter de nouveaux domaines si des serveurs miroirs et des serveurs proxy supplémentaires sont créés.
- miztv.top
- strikeout.im
- qatarstreams.me
- iptvfrancai.com
- vip.kata17.xyz
- iptv-france4k.fr
- front-main.4k-drm.com
- prosmarterstv.com
- line.line-dino.com
- iptvninja.fr
- cdnhome.pro
- elitetv.fr
- smatest.xyz
Pour contester l’ordonnance de blocage, Surfshark et NordVPN ont notamment fait valoir leur politique de non-conservation des journaux, expliquant que celle-ci les empêcherait d’identifier, de géolocaliser ou de suivre les adresses IP de leurs utilisateurs. Un argument qui n’a pas convaincu le tribunal pour qui “les stipulations contractuelles liant les fournisseurs de services VPN à leur clients ne sauraient être opposées aux demanderesses démontrant l’atteinte à leurs droits”.
Qui plus est, “le blocage ordonné implique d’empêcher les connexions depuis un territoire donné. Une telle mesure n’implique nullement de conserver les informations liées à cette tentative de connexion”. Pour la Cour, ces mesures ne s’apparentent pas non plus à “une obligation générale de surveillance” interdite par l’UE. Et pour cause, “les mesures ordonnées étant strictement limitées dans leur durée d’exécution, leur territoire d’application et les sites concernés”.
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NordVPN fait appel
Accusés d’être des ponts vers des domaines interdits, les fournisseurs de VPN sont légalement tenus d’agir, la neutralité technique n’offrant pas l’immunité juridique, selon le tribunal. NordVPN a d’ores et déjà fait appel, comme l’a confirmé un porte-parole à TorrentFreak. Selon le géant du secteur, les blocages sont facilement contournables, notamment via des sous-domaines. De plus, cette solution “n’élimine pas le contenu lui-même et ne réduit pas les incitations au piratage”.
Pour NordVPN, “une lutte efficace contre le piratage devrait viser à éliminer la source du contenu, à cibler les fournisseurs d’hébergement, à couper les financements des opérations illégales et à accroître la disponibilité de contenus légitimes”. Que cela soit bien clair, il existera toujours des petits malins pour trouver des moyens d’accéder illégalement à des contenus protégés. Mais en complexifiant les voies d’accès, les autorités devraient parvenir à en décourager plus d’un.
Reste désormais à voir ce qu’il résultera de l’appel et comment les fournisseurs de VPN mettront en œuvre l’ordonnance de blocage dans nos contrées. En mai dernier, le Tribunal judicaire de Paris avait déjà ordonné aux VPN de bloquer 200 sites de streaming illégal et d’IPTV prohibées.