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Modéré par Twitter, Trump déclare la guerre aux réseaux sociaux

Épinglé par Twitter, Donald Trump signe un décret exécutif pour limiter les libertés dont jouissent les réseaux sociaux. Une menace qui n’intimide pas Twitter qui vient d’accuser le président américain de faire l’apologie de la violence.

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Crédit : Twitter

Ce jeudi, Donald Trump a déclaré la guerre aux réseaux sociaux qui selon lui « ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre les individus et de larges audiences publiques ». En réaction à deux de ses tweets qualifiés de contre-vérités par Twitter, le président américain a signé un décret exécutif visant à remettre en cause la protection et la latitude dont disposent les réseaux sociaux. La Section 230 du Communications Decency Act leur permet en effet de ne pas être tenus comme directement responsables des messages publiés, et les autorise à intervenir à leur guise.

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Un décret qui n’a pour l’instant qu’une valeur symbolique puisqu’il doit être étudié par les agences concernées, la Federal Communications Commission et la Federal Trade Commision. Donald Trump a néanmoins mis le feu aux poudres. Si Mark Zuckerberg s’y oppose timidement en critiquant la position de Twitter, l’entreprise a répondu officiellement pour qualifier la démarche du président « d’approche réactionnaire et politisée d’une loi historique ». Jack Dorsey, le président général de Twitter semble décider à faire face au président américain en assurant que son réseau social « continuera à signaler des informations incorrectes ou contestées ». Et c’est justement ce que le réseau social vient de faire.

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Twitter accuse Donald Trump de faire l’apologie de la haine

George Floyd, un homme noir âgé de 46 ans, est mort lundi dernier au cours d’une intervention de police. Alors qu’il était menotté et au sol, un officier de police a maintenu son genou sur son cou l’empêchant de respirer normalement pendant plusieurs minutes. S’en sont suivies des manifestations qui ont tourné à l’émeute avec notamment l’incendie d’un commissariat et des scènes de pillage à Minneapolis.

Comme à son habitude, le président américain a réagi à l’actualité sur son compte Twitter avec un message faisant référence aux émeutes qui avaient éclaté à la Convention nationale républicaine de 1967 sous Nixon. Peu de temps avant, Walter Headley, chef de la police à Miami avait également déclaré « quand les pillages commencent, les fusillades commencent » en promettant un durcissement des actions de police dans les banlieues noires.

Une publication qui n’a pas échappée à Twitter qui l’a épinglée sans pour autant la supprimer en expliquant qu’elle viole les règles du réseau social en matière d’apologie de la violence.

Ce Tweet viole nos politiques concernant la glorification de la violence basées sur le contexte historique de la dernière ligne, son lien avec la violence, et le risque qu’il pourrait inspirer des actions similaires aujourd’hui.

Twitter Comms

Nous avons pris des mesures pour empêcher que d’autres personnes soient inspirées à commettre des actes violents, mais nous avons gardé le Tweet sur Twitter parce qu’il est important que le public puisse encore le voir, étant donné sa pertinence pour les questions d’importance publique en cours.

Twitter Comms

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Une réaction inédite de Twitter qui va sans doute convaincre le président américain de poursuivre son combat contre les réseaux sociaux qu’il a même menacé de fermeture.

Source : Twitter