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Vos données de localisation mobile seront-elles utilisées pour traquer le coronavirus ?

La Commission Européenne a demandé à plusieurs opérateurs mobiles européens, dont Orange, de leur transmettre les données de localisation de leurs abonnés. Les scientifiques utiliseront ces informations pour mieux analyser la propagation du virus COVID-19.

Les opérateurs européens Orange, Deutsche Telekom, Telefonica, Telecom Italia, Telenor, Telia, A1 Telekom Austria et Vodafone ont été contactés par la Commission Européenne dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19. Thierry Breton, le commissaire européen chargé du marché intérieur a formulé lundi dernier une requête dans laquelle il invite les entreprises concernées à fournir aux autorités des données de localisation anonymes.

Image 1 : Vos données de localisation mobile seront-elles utilisées pour traquer le coronavirus ?
Crédit : Anna Shvets/Pexels

Les opérateurs n’ont pas encore répondu officiellement à la demande, mais la Commission Européenne annonce déjà que la transmission des données devrait débuter très prochainement. En France, Orange travaillerait déjà sur les questions réglementaires d’un tel système avec l’INSERM, l’Institut National de la Santé et de la Recherche médicale.

Une surveillance numérique anonyme employée à des fins statistiques

Ces informations de géolocalisation des smartphones permettront aux chercheurs de mieux analyser l’évolution de l’épidémie sur le territoire européen. Les données récoltées serviront entre autres à étudier l’impact des mesures de confinement sur la propagation du virus. Les autorités de chaque pays pourront également utiliser ces informations pour vérifier si les mesures de confinement sont respectées. Enfin, les statistiques sur le nombre de personnes contaminées et la vitesse de propagation par région permettront aux organisations sanitaires de mieux prévoir les besoins des systèmes de soin en place.

Ce projet, en discussion à l’Élysée depuis plusieurs jours, fait évidemment l’objet de critiques. Beaucoup craignent qu’une telle surveillance numérique ne donne trop de pouvoir à l’État et mette en péril la protection de leur vie privée. La Commission Européenne tente déjà de rassurer et explique que les données exploitées seront agrégées et anonymes. Les informations seront traitées à des fins statistiques et par des scientifiques et chercheurs seulement. Les données transmises ne pourront en outre pas être utilisées pour tracer une personne, précise le Contrôleur européen de la protection des données.

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Une méthode envisagée par de plus en plus de pays

En Europe, seule la République tchèque a déjà autorisé la transmission des données de localisation des mobiles au gouvernement. Dans le reste du monde, des stratégies similaires sont déjà employées depuis plusieurs semaines. C’est le cas par exemple à Taïwan, où le gouvernement suit les smartphones des personnes placées en confinement obligatoire pour vérifier qu’ils restent bien à leur domicile. De nombreux dirigeants de pays occidentaux commencent à évoquer cette option. Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau n’exclue pas un tel recours. Tour à tour, les gouvernements semblent préparer leurs citoyens, en leur rappelant que le caractère exceptionnel de la situation requiert des mesures toutes aussi exceptionnelles.

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Source : apple insider