[Test] Nikon D7500 : un boîtier reflex très sérieux, mais très cher

Une ergonomie en demi-teinte

Sur l’épaule gauche du boitier, on retrouve le traditionnel barillet de sélection des modes de prise de vue. Celui-là propose en plus un verrou afin d’éviter sa rotation involontaire, une initiative salutaire. Il surplombe une molette de sélection des cadences de déclenchement. L’épaule droite propose un écran LCD noir et blanc qui rappelle les principaux réglages, les touches de déclenchement de l’enregistrement vidéo, de choix de la sensibilité et de la correction de l’exposition, ainsi que le déclencheur entouré du sélecteur de mise sous tension (qui surplombe la traditionnelle première molette de réglage manuel).

Deux touches personnalisables (Fn1 et 2) sont présentes sur la face avant. Le principe est louable, mais nous regrettons le choix beaucoup trop restreint de fonctions assignables. 

Le sélecteur qui sert à commuter de la mise au point automatique vers le mode manuel est également une touche permettant d’accéder au choix du mode AF (AF-S pour le mode classique ou AF-C lorsque l’on souhaite activer le suivi du sujet). Le système est bien, le manque de signalisation du dispositif est néanmoins à déplorer et l’utilisateur pourra malheureusement passer un temps important à le localiser (en l’absence de mode d’emploi avec le modèle test ce sont les employés de Nikon qui ont dû nous indiquer la marche à suivre).

Sur la face arrière, on peut remarquer à gauche du viseur les touches lecture et suppression, et à sa gauche celle dédiée à la mémorisation de l’exposition ainsi que la seconde molette de réglage manuel. À gauche de l’écran, ont été placées cinq boutons dont certains permettent de faire varier deux réglages en fonction de la situation (prise de vue ou visionnage des images) comme suit :

  • accès au menu
  • verrouillage des images sur la carte/balance des blancs
  • loupe/qualité d’image
  • loupe inversée/mode de calcul de l’exposition
  • Info.

À droite de l’écran du D7500, on retrouve un joypad verrouillable permettant la sélection du collimateur autofocus surplombant la touche « i » qui donne accès à l’affichage des principaux paramètres de prise de vue sur l’écran arrière. En dessous on trouve enfin le sélecteur permettant le passage du mode photo au mode vidéo entourant la touche liveview.

Globalement, la partie de l’ergonomie assurée par des touches est un modèle du genre et les multiples verrous destinés à empêcher le changement de réglage intempestif attestent du sérieux et du soin apporté par le fabricant à sa conception ainsi que son expérience en la matière.

Malheureusement, le pilotage des boitiers modernes ne se fait plus uniquement par des touches et c’est là que le bât blesse. En effet, et cela fait près de dix ans à présent que ce reproche est fait à toutes les générations successives de boitiers Nikon : l’organisation des menus est calamiteuse et le conservatisme de la marque ne fait qu’accroître son retard en la matière (surtout avec la croissance exponentielle des fonctions proposées par les appareils contemporains). Certes cela reviendrait à admettre que Canon, le concurrent historique, a raison depuis des années. Mais à l’heure où son modèle a depuis longtemps fait la preuve de sa supériorité et qu’il est d’ailleurs repris par la plupart des fabricants sérieux, les nikonistes sont légitimement fondés à se questionner sur l’opportunité de cette stratégie de l’autruche. Un menu personnalisable est heureusement proposé, mais cette solution reste un pis-aller destiné à contourner une organisation générale inadaptée.

Dans le même ordre d’idée, si nous saluons sans réserve l’apparition d’un écran tactile dans cette gamme (enfin !), nous restons pour le moment un peu sur notre faim. En effet, l’apport du choix de la zone de mise au point sur l’écran arrière est réel, par contre en l’absence d’un vrai équivalent au Quick menu proposé par de nombreux concurrents, les possibilités de réglages de manière tactile restent assez limitées (on ne peut pas par exemple faire varier les paramètres d’exposition manuels). Là encore, c’est difficilement compréhensible.

Enfin, l’application snapbridge proposée par Nikon permet certes le transfert d’image en Bluetooth (d’où l’abandon du NFC), par contre les possibilités de pilotage du d7500 à distance sont littéralement inexistantes. En 2017 se priver du confort apporté par ce genre de possibilité (ex : cadrage sur tablette plus grande en vidéo) relève presque de l’hérésie.

À l’heure du bilan, le constat ergonomique est très contrasté puisque le manque d’audace de Nikon vient gâcher une vraie réussite quant à la partie classique du pilotage du D7500.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
Commenter depuis le forum
    Votre commentaire