Jeux vidéo et cinéma : pourquoi ça ne marche pas ?

Need for SpeedNeed for Speed

L’adaptation au cinéma de la licence Need for Speed est sortie le 16 mars aux États-Unis. Malgré son casting porté par Aaron Paul, protagoniste de la série à succès Breaking Bad, il n’a décroché qu’une troisième place au box-office lors de sa première semaine d’exploitation. Pire, il s’est classé loin derrière M. Peabody & Sherman et 300: Rise of an Empire, deux films qui en étaient déjà à leur deuxième semaine de projection.

Pourquoi donc un film produit par Disney et ayant eu une publicité lors du Super Bowl ne fonctionne-t-il pas ? Sans doute parce qu’il s’agit de l’adaptation d’un jeu vidéo. S’il atteindra au final ses objectifs financiers, il ne mettra pas les critiques dans sa poche. En tout cas, outre-Atlantique, elles se sont abattues sur lui comme sur l’adaptation de Tomb Raider en 2001 ou de Resident Evil l’année suivante.

Jeu et film : deux mécanismes différents

Kirk Kjeldsen, professeur adjoint au Département Cinéma de l'École des Arts de l’Université de Virginie  apporte une  explication à ce phénomène qui touche la plupart des adaptations de jeux vidéo au cinéma. Il explique que les films hollywoodiens fonctionnent traditionnellement en trois actes, les jeux vidéo fonctionnent sur beaucoup plus d’axes. « Traduire une narration non linéaire dans une structure linéaire en trois actes, c'est comme faire une chanson d’une peinture ou d’une sculpture », déclare-t-il a USA Today.

Selon Kirk Kjeldsen, il est tout de même possible de faire de bonnes adaptations. Il en veut pour preuve Prince of Persia qui a reçu plus d’un tiers de critiques positives. Pour cela, il faut « prendre les meilleures parties du jeu et jeter le reste », explique-t-il.

Prince of PersiaPrince of Persia

La suppression de l'interaction

Wheeler Winston Dixon, professeur de cinéma à l'Université du Nebraska affirme, pour sa part, à USA Today qu’il « existe une raison très simple aux bides que rencontrent les adaptations de jeux vidéo au cinéma : elles ne sont pas interactives […] Avec le jeu vidéo, le joueur est la star. Il dirige les acteurs et décide des suites de l’intrigue tout en essayant de passer au niveau suivant. Lorsque cet aspect du jeu est perdu, le téléspectateur se sent écarté de l’action. » D’après ce professeur, la révolution viendra le jour où le jeu vidéo sera joué en temps réel dans une salle de cinéma pour reproduire ainsi l’expérience de jeu. A méditer.

Quoi qu’il en soit, Need for Speed sort demain chez nous et nous ne manquerons pas d’y aller de bonne heure afin de livrer notre propre critique de cette énième adaptation d’un jeu vidéo.

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1 commentaire
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  • g-style
    et le fait que need for speed est un film banale qui sent le fast and furious rechauffer ne rentre pas en ligne de compte.. parce que au final need for speed n'a aucun interet, il sort 10 ans trop tard.
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