[Test] Renault Symbioz : à 130 km/h sur l'autoroute sans conducteur

Présentée lors du dernier salon de Francfort, en septembre dernier, le concept-car Symbioz de Renault n’est pas longtemps resté cantonné aux allées des salons automobiles.

Le constructeur français en a sorti une version d’essai, une démo-car dans le jargon, utilisable sur route et à bord de laquelle nous avons eu l’occasion de monter lors d’un essai sur une portion de l’autoroute A13, préalablement balisée par la Sanef, partenaire du projet.

Pourquoi autant de complexité pour faire rouler une voiture, peut-on se demander. Et bien tout simplement parce que Symbioz n’est pas un véhicule comme les autres. Totalement électrique, il est aussi autonome de niveau 4, un grade encore interdit de circulation sur les routes françaises, tout comme le niveau 3 d’ailleurs.

L’expérience est donc unique et pourrait rapidement devenir une norme, Renault caressant l’espoir de commercialiser sa première voiture autonome dès 2023. En attendant, retour sur un essai pas commun qui a fait tourner la tête à bien des automobilistes.

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Essai Renault Symbioz

Château de Saint Aubin, 7 décembre, 8h45. Dans l’aurore naissante, Renault nous invite à rejoindre dans le jardin sa maison hyperconnectée présentée à Francfort avec Symbioz. Véritable logement construit autour de cette auto, il s’ouvre à son approche. La bête est massive avec 4,70 m de long et 1,98 m de large. Sa face avant présente une bouche béante, volontaire et impatiente d’avaler le bitume. Cette impression est accentuée par les deux bandes de phares en C qui encadrent cette calandre. Un design que l’on retrouve en copier-coller sur l’arrière de Symbioz.

Des lignes futuristes qui se prolongent tout au long d’un toit panoramique développé par LG et capable de s’opacifier en blanc. Il se termine à l’arrière sur un imposant aileron se déployant à partir de 70 km/h.

Une fois à bord, on démarre en « conduite manuelle ». Symbioz n’est autonome que sur une partie de l’autoroute A13 sur laquelle la Sanef a installé des bornes Wi-Fi G5 offrant une précision de localisation inédite à l’auto. De quoi assurer une expérimentation en toute sécurité. Symbioz utilise également une cartographie spécialement développée par TomTom. Outre le tracé de la route enregistré en 3D (la profondeur des éléments est ici enregistrée en tant que donnée) cette solution nommée HDmap, elle inclut les variations d’altitudes, l’angle des courbes, mais aussi la position du véhicule sur les voies. À ce titre, TomTom a dû redoubler d’efforts pour matérialiser les des voies virtuelles lors de l’arrivée au péage, les lignes blanches n’étant plus présentes au sol.

Les premiers tours de roue sont silencieux, Symbioz est totalement électrique. Installés sur les roues arrière, deux moteurs électriques développent 360 kW. Une puissance qui permet à ces 2,2 tonnes d’acier et aluminium d’abattre le 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes. Quelques kilomètres d’une départementale sinueuse nous permettent d’apprécier les quatre roues directrices qui enroulent parfaitement ce paquebot dans les courbes. On apprend également à se servir d’un système de rétrovision d’un genre nouveau. Entièrement numérique, il se compose de trois écrans, un central et deux de part et d’autre de la planche de bord. En conversant avec les passagers arrière, on ne peut s’empêcher de regarder dans le rétroviseur central, et ne voir que la route, celui-ci empruntant l’image de la caméra arrière. Déroutant. L’ensemble fonctionne bien, même si nous avons constaté un petit freeze lors de l’essai.

Arrive enfin la bretelle d’insertion de l’autoroute. L’accélération est aisée. Après s’être positionné sur l’une des files, et sans ralentir, on nous demande de presser simultanément deux boutons sur le volant. La conduite autonome s’enclenche. Le conducteur lève les mains du volant. Désormais, il faut placer toute sa confiance en l’électronique du véhicule (et un peu aussi en l’opérateur qui, en position passager, est à tout moment prêt à reprendre la main en cas de dysfonctionnement).

L’environnement intérieur bascule d’une ambiance lumineuse bleutée à une orangée, symbolisant le caractère automatique de la conduite. Bien que le système n’ait pas fonctionné lors de notre test, l’ensemble de la planche de bord ainsi que le volant sont alors censés reculer afin de dégager le plus d’espace au conducteur qui n’a plus qu’à se relaxer en lisant, discutant ou regardant un film, par exemple. Bientôt le péage approche. La voiture ralentie. Connecté à son ordinateur, le boîtier de télépéage indique le moment où le péage est acquitté. C’est le signal pour remettre les gaz, toujours en mode autonome.

N’ayant plus à se préoccuper de la conduite, on se penche sur l’ambiance à bord. Symbioz dispose de quatre places assises plutôt confortables pour un prototype. Dans le souci du détail, Renault a même inversé la position des ceintures de sécurité pour faciliter les mouvements des passagers en conduite autonome. Installée en L, la planche de bord présente trois larges écrans dont les centraux sont légèrement orientés vers le conducteur. Peuvent y être diffusés des films, mais aussi des recherches Internet liées à l’itinéraire. Lors d’ateliers, Renault nous a également montré ses projets pour occuper le conducteur lors d’un trajet autonome, avec notamment des exercices de concentration ou de relaxation, mais aussi un ordinateur intégré à la planche de bord. Là, l’écran central remonte pour offrir une machine sous Windows 10 sur un affichage 16:9, le combo clavier/souris étant dissimulé dans l’accoudoir.

Le constructeur n’en oublie pas la sonorisation de son cocon futuriste, laquelle a été confiée au français Devialet. Il a relevé le défi d’installer une version miniaturisée de son enceinte Phantom à l’intérieur de cet habitacle. Le résultat est bluffant. Pas moins de sept enceintes encerclent l’habitacle. Sur les côtés, elles ne sont pas installées dans les portières, mais dans les montants centraux. Une volonté de Renault pour maximiser l’espace disponible de part et d’autre des occupants. L’ensemble des systèmes multimédia et de climatisation peuvent être contrôlés par tous les passagers grâce à leurs smartphones. Un badge NFC disposé sur chaque siège permet de repérer la position de l’utilisateur et de lui offrir le réglage personnalisé du chauffage de son siège, par exemple.

Après avoir fait le tour de ces gadgets, vient alors le moment de lâcher totalement prise avec le monde extérieur. Renault a développé un partenariat avec Ubisoft qui a créé une expérience de réalité virtuelle en accord avec la conduite autonome. On chausse donc un Oculus Rift alors que la voiture file à 130 km/h, sans conducteur.

L’ensemble des capteurs (des radars, un scanner laser et des capteurs ultrasons) qui donnent à l’ordinateur de Symbioz une vision à 360° sont ici mis à contribution. Les éléments détectés dans l’environnement proche de Symbioz - voitures, arbres, structures - sont représentés dans la vidéo asservie à la vitesse qui défile sous nos yeux. Pas de motion sickness, mais une évasion parfaite qu’il est difficile de quitter pour reprendre la main sur la conduite et sortir de l’autoroute.

Si elle est encore à l’état de prototype, Symbioz prouve avec brio qu’elle représente ce que sera la voiture de demain. Une échéance qui devrait arriver à l’horizon 2023 chez Renault. Reste que les constructeurs ne sont pas les seuls concernés. Les autorités doivent encore donner leur aval pour autoriser la mise en circulation de ces véhicules sans pilote, ou presque.

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1 commentaire
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  • Africalain
    Quelle chance d'essayer cette voiture. Superbe auto , miroir de l'avenir. Même plus peur des radars 8-))