[Test] Osmo Pocket : la petite caméra qui fait tout comme une grande

8,5/10

DJI Osmo Pocket

359€ > Amazon
On aime
  • la qualité de la vidéo stabilisée
  • le poids et les dimensions de l'appareil
  • l'écran qui permet de presque tout faire
  • l'application Mimo
On n’aime pas
  • la qualité audio en extérieur
  • aucun accessoire (une roue de contrôle aurait été bienvenue)
Verdict :

Proposant une caméra stabilisée de taille hyper réduite, DJI vient clairement piétiner les plates-bandes de GoPro et même des appareils plus professionnels. Si on aurait aimé que l’appareil s’affiche à moins de 300 euros, ne boudons pas notre plaisir, car il dispose d’une quantité d’atouts impressionnante : le stabilisateur mécanique remplit parfaitement son office, l’écran (malgré sa petite taille) permet d’accomplir toute sorte de réglage et livre une image nette et lumineuse, et le tout est capable plus de 2 heures. Une bonne grosse surprise technologique, comme on les aime.

plus

Si l’on connaît surtout DJI pour ses drones, il convient de garder en tête que le constructeur sait parfois faire d’autres produits, à commencer par les caméras stabilisées. En 2016, DJI sortait l’Osmo, un gimbal que l’on pouvait connecter à son smartphone. Mais l’ensemble mesurait alors 26 cm, ce qui le rendait impossible à caser dans sa poche ou dans un petit sac. Voilà donc que DJI récidive ce mois-ci avec l’Osmo Pocket, un objet nettement plus petit et plus léger, et qui conserve la plupart des atouts de son prédécesseur. Que peut-on attendre de ce gimbal qui vaut quand même la bagatelle de 359 € ? A-t-il toutes les qualités requises pour égaler, voire surpasser l’ancienne modèle, ou faut-il conserver bien précieusement l’Osmo premier du nom ? Alors, on craque ou pas pour la petite caméra de DJI ? Nous l’avons testé et vous livrons toutes nos conclusions.

1 – Oui pour le côté ultra compact et passe-partout de l’appareil

Avec ses dimensions réduites et son poids ultra léger, l’Osmo Pocket a de quoi séduire celles et ceux qui ont besoin d’une caméra qui tient facilement dans une poche ou dans un petit sac à main. Jugez plutôt : l’appareil ne fait que 12,19 cm de hauteur, 2,86 cm de largeur et 3,69 de longueur, pour un poids total de 116 grammes. Il s’agit de l’un des plus petits gimbals du marché. L’appareil se présente sous la forme d’un petit parallélépipède, surplombé d’une nacelle 3 axes. L’Osmo Pocket est également nanti de deux petits boutons en façade : l’un est dédié à la mise sous tension et à l’extinction de l’appareil, tandis que l’autre déclenche ou interrompt l’enregistrement. Notez que l’Osmo Pocket n’offre aucune capacité de stockage. Il faut insérer une petite carte microSD (ce qui ne vaut plus rien, désormais) pour pouvoir enregistrer une séquence.

Contrairement à la première Osmo, il n’y a donc pas de joystick physique permettant de piloter l’appareil. Mais alors, s’il n’y a aucun bouton de contrôle, comment règle-t-on et pilote-t-on la caméra ? Pour cela, DJI a intégré un petit écran tactile de 1 pouce sur l’appareil, écran qui se propose de vous aider à la fois de contrôler l’image, mais aussi et surtout d’accéder aux réglages de l’appareil. Un glisser de gauche à droite permet de revoir les précédents enregistrements, de basculer en mode selfie (fonction flip), de faire appel à la fonction e timelapse, etc. Notez cependant que pour accéder à des réglages plus avancés, et notamment tout ce qui concerne les modes d’enregistrement, il conviendra de relier la caméra au téléphone et d’utiliser l’application Mimo, sur laquelle nous allons revenir. L’appareil se connecte à un téléphone à l’aide d’un adaptateur en USB-C ou en Lightning. Les deux types d’adaptateur sont livrés dans la boîte de l’Osmo Pocket.
Au final, l’appareil est très aisément manipulable d’une seule main. Toutes les opérations de base peuvent s’effectuer en une poignée de pressions sur l’écran. Petite, légère, rapide et facile d’accès, l’Osmo Pocket remplace avantageusement n’importe quel modèle d’action-cam de GoPro.

2 – Oui pour les possibilités de captation

Une fois la caméra configurée à l’aide du smartphone, il nous tardait de pouvoir la tester dans différentes situations. En marchant, en courant, en filmant des sujets se mouvant dans tous les sens ou dans des situations plus calmes… Nous l’avons éprouvée une dizaine de jours durant (sauf en saut en parachute, ça nous n’avons pas fait). Et force est de reconnaître que nous n’avons presque jamais été déçu.

Premier point positif : disposant d’un capteur de 1/2.3″ (ouverture de f/2.0), la petite caméra est capable de filmer des séquences en 4K maximum à 60 images/seconde. La captation peut être enregistrée en MP4 ou en MOV, tandis que l’on peut réaliser des séquences classiques, mais aussi des panorama 3 x 3 ou même des timelapses. Et si vous avez besoin d’effectuer des prises de vue, il est également possible de prendre des photos en 12 Mpx. Enfin, le Gimbal dispose également d’un filtre anti-scintillement à 50 et 60 Hz, parfait pour filmer une TV.

Grâce à son stabilisateur mécanique, les différentes séquences que nous avons filmées se sont toujours révélées d’excellente qualité, sans faire les frais de saccades vidéo dues à des mouvements brusques de notre part. L’appareil dispose par ailleurs de deux modes permettant de mieux s’adapter à l’environnement ou à un sujet. Le premier, le mode FPV, est dédié aux séquences les plus mouvementées. Le second, appelé ActivTrack, propose de suivre un sujet que l’on souhaite filmer. Pour en profiter, il suffit de délimiter un cadre de manière tactile sur l’écran du smartphone, cadre qui entoure le sujet principal. Celui-ci fonctionne à merveille, à condition de paramétrer un cadre suffisamment grand (ne vous contentez pas de sélectionner un visage, mais délimitez un individu complet).
Les deux modes en question permettent d’obtenir une qualité d’image inégalable avec un smartphone ou une action cam. La nacelle remplit parfaitement son office de stabilisation et filmer une séquence sans avoir à se soucier de bloquer la caméra sur un point bien précis d’une scène constitue un véritable plus. De quoi ravir celles et ceux qui utilisent au quotidien leur smartphone pour filmer, et qui se plaignent de vidéos souffrant de problèmes de stabilité.

Seule la captation en faible luminosité ne satisfera pas les plus exigeants : en fonction des situations, l’image est un peu trop bruité pour être totalement exploitable.

3 – Oui pour l’autonomie

DJI annonce une autonomie de 140 minutes. Pour notre part, nous l’avons évaluée à un peu plus de 130, mais on ne va pas chipoter pour une dizaine de minutes. De quoi pouvoir filmer un événement (salon, conférence…) sans avoir à se soucier de la batterie. Ce qui est finalement très bien pour ce genre d’appareil, d’autant qu’il est possible de lui adjoindre une petite batterie externe en USB-C. Notez enfin que la recharge nécessite quant à elle un peu plus de 75 minutes, ce qui constitue une bonne moyenne pour un gimbal.

4 – Oui, pour l’application Mimo

L’appareil peut être utilisé de manière autonome, mais une liaison à un smartphone reste conseillée dès lors que l’on profite de fonctionnalités supplémentaires et d’un meilleur contrôle de la captation. Pour cela, il convient d’installer la nouvelle application Mimo disponible depuis peu sur l’App Store et le Play Store.

Cette application offre un contrôle total de la caméra depuis un smartphone. A l’aide d’un petit stick virtuel, on peut tout d’abord faire se mouvoir la nacelle de gauche à droite et de haut de bas. La même application propose également de gérer les modes d’enregistrement, que ce soit pour la photo ou la vidéo. Elle permet également de régler la balance des blancs, laquelle peut être effectuée en mode automatique ou selon différents préréglages : nuageux, fluorescent, ensoleillé ou incandescent. Notez que l’on peut aussi personnaliser la balance des blancs, afin d’obtenir des réglages encore plus poussés.

Francisée, l’application Mimo se révèle au final très simple d’usage et devrait satisfaire les plus néophytes, tout en offrant des fonctionnalités plus avancées pour les plus aguerris (comme la possibilité de sauvegarder des photos en RAW).

5 – Non pour son prix et deux petits défauts de conception

Pour nos tests, nous avons fait appel à un Galaxy S9+, soit l’un des appareils les plus fiables et les plus onéreux actuellement disponibles sous Android. Si l’appairage entre le smartphone et la caméra de DJI s’est effectué sans aucune difficulté, nous avons cependant fait les frais de quelques déconnexions intempestives. La faute à l’adaptateur USB-C livré et au poids de l’appareil (pourtant léger, comme précisé précédemment). Il nous a fallu une ou deux minutes avant de comprendre qu’il valait mieux garder constamment une main sur le Gimbal, tout en continuant à maintenir le smartphone de l’autre. Un défaut assez mineur, il est vrai, mais qu’il nous fallait signaler. Autre petite carence : la captation audio. Si en huis clos l’appareil livre une bonne qualité sonore, la captation en extérieur n’est pas toujours excellente, surtout quand il y a trop de vent.

Le dernier point relativement discutable reste bien évidemment le prix de l’appareil et le contenu de la boîte. Par défaut, l’Osmo Pocket est livré avec un petit étui de protection, un câble USB-C, ainsi que les connecteurs pour iPhone et Android. A 350 euros, la note est plutôt salée, car il n’y a rien d’autre dans la boîte. DJI commercialise divers accessoires, comme un étui de recharge, un module sans fil, un boîtier étanche, des filtres de réduction de lumière ou même une roue de commande, quasi-indispensable pour mieux contrôler la prise de vue. On ignore quels en seront les tarifs, mais il y a fort à parier que la note peut rapidement doubler.