[Test] Focal Sphear : faut-il craquer pour les intra-auriculaires français ?

Issu du son haute fidélité, Focal s’est peu à peu diversifié avec tout d’abord ses Birds, des kits 2.1 destinés à chasser sur les terres de Bose. En 2012, c’est un premier casque qui sortait des usines du constructeur stéphanois : le Spirit One. Trois autres modèles ont suivi, mais jusqu’alors point d’écouteurs. C’est désormais chose faite avec les Sphear, premiers intra-auriculaires dans lesquels Focal a cherché à placer toute son expertise audio.

Vendus à 129 euros, ils viennent se confronter aux Bose SoundTrue, Sennheiser Momentum In-Ear ou encore aux excellents Yamaha EPH-100. Même si le tarif reste contenu, on s’attend à un bon rendu et surtout à la qualité Focal. L’essai est-il transformé ? Les Sphear sont-ils à adopter ?

Oui parce qu'ils sont bien faits

Les Spear profitent du savoir-faire de Focal. Le constructeur a cherché à reproduire l’agencement d’une enceinte acoustique dans un volume minuscule. Composées de quatre parties distinctes, les oreillettes sont assez proéminentes. Elles se terminent toutes deux par un duo bague et grille en acier inoxydable qui ajoute une jolie touche de finition et permet de laisser s’échapper le système Bass Reflex à travers le logo Focal évidé.

Les Sphear respirent la solidité. Du fait de leur conception alliant plastique et métal, ils sont d’ailleurs un peu plus lourds qu’une paire d’écouteurs lambda. Pour autant, lors de notre test, leur port n’a pas été désagréable. Ils se positionnent naturellement dans les oreilles, la partie la plus grosse venant se poser sur la base de l’orifice auriculaire. À noter cependant que certains de nos confrères ont éprouvé une gêne après une heure d’utilisation. Appuyant sur l’oreille, la partie externe des Sphear leur créait une douleur. Chaque oreille étant différente, nous ne pouvons que vous conseiller d’essayer avant d’acheter.

Non, parce que l'isolation laisse à désirer

Intra-auriculaires, les Spear sont livrés avec deux types d’embouts : en silicone et à mémoire de forme. Jusque-là, tout le monde devrait y trouver son compte. Néanmoins, nous avons beau tous les essayer, aucun ne sied parfaitement à nos oreilles. Sans pour autant tomber, les écouteurs n’épousent pas entièrement le conduit auditif. Soit les embouts sont trop petits, soit ils sont trop grands. Pourtant, Focal promet des embouts « pour un confort et une isolation adaptés à toutes les morphologies. »

En résulte donc une mauvaise isolation qui signerait l’arrêt de mort des Sphear si l’on en restait là. Les basses sont annihilées et les bruits extérieurs mal étouffés. Aussi, nous avons été obligés de prendre des embouts d’autres écouteurs. Là, le son a repris de l’ampleur et les basses sont apparues. Néanmoins, l’isolation reste encore perfectible. La responsabilité est à imputer, sans nul doute, au système de Bass Reflex qui laisse une ouverture vers l’extérieur. Aussi, on est obligé de monter le volume, surtout dans les transports en commun.

Oui, parce que le rendu est charmeur

C’est bien entendu là que l’on attend le plus les Spear. Quel degré de qualité audio atteignent-ils ? Et bien, après de longues heures d’écoute, en ressort la sensation d’avoir été capté par un son charmeur. Tout en finesse, on est enroulé dans des nappes de basses et d’aigus. On est loin d’un son Bose. Ici, tout est délicat et empli de chaleur. Les instruments se détachent les uns des autres pour le plus grand bonheur des oreilles. Les voix sont claires et les sons précis.

Ce n’est qu’après une écoute attentive et le premier effet de charme passé que l’on s’aperçoit enfin qu’en enjolivant les basses et les aigus, Focal en a délaissé un peu les médiums qui manquent de relief. Pour autant, cette critique est bien légère. Le constructeur français réussit son pari et parvient à inscrire en grande partie sa patte Hi-Fi dans des écouteurs intra-auriculaires. Enfin, dernier détail et non des moindres, même à haut volume, le son demeure juste, net, dénué de toute distorsion.

Non, parce qu'il n'y a pas de contrôleur de volume

« Compatible avec tout type d’appareil », c’est la mention que Focal met en avant sur ses Sphear. En choisissant de ne pas décliner ses écouteurs en fonction de la plateforme (Android, iOS, Windows Phone) le constructeur s’empêche d’y intégrer un contrôleur de volume. On y trouve bien un bouton, mais il est uniquement dédié aux fonctions « Play/Pause », prise d’appel et piste suivante/piste précédente. À noter d’ailleurs que cette dernière peut ne pas être fonctionnelle avec certains appareils Android, précise Focal.

Point de contrôleur de volume donc. Un manque qui se fait rapidement ressentir lorsque l’on doit sortir son smartphone de sa poche de pantalon alors qu’on était confortablement assis, ou encore dans un transport en commun en pleine heure de pointe.

Ajoutons à cela, une longueur de câble un peu trop généreuse qui ne trouve pas facilement sa place. À côté, Focal arrondit les angles en livrant ses Sphear avec une housse de transport bien finie et un adaptateur avion.

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