[Test] Microsoft Band : faut-il craquer pour le bracelet connecté Windows ?

Microsoft vient de lancer son premier traqueur d'activité, mais en réalité, c'est bien plus que ça. Certes, le Microsoft Band, commercialisé actuellement aux États-Unis pour 200 dollars, dispose d'un capteur de pas, d'un compteur de calories et d'un cardiofréquencemètre. Mais il propose également des séances d'entraînement, et peut s'appairer à votre smartphone, afin d'en recevoir toutes les notifications. L'appareil est aussi capable de se connecter à Microsoft Health, un nouveau service en ligne multiplate-forme, qui prodigue aux utilisateurs des conseils personnalisés. Enfin, et contrairement à la plupart des concurrents, le Microsoft Band intègre son propre GPS. Compatible avec iOS, Android et Windows Phone, le bracelet connecté de Microsoft se voudrait l'objet incontournable lié à la remise en forme, au sport et à la santé en général. Va-t-il réussir, ou bien... ?

Microsoft Band : 7 raisons de craquer (ou pas) pour le bracelet connecté de Redmond

1 - Oui, pour son petit écran qui peut tout afficher et qui le fait bien

L'écran du Microsoft Band mesure 1,3 x 0,43 pouce. Il dispose d'une résolution de 320 x 106 pixels, et l'écran TFT LCD tactile se révèle assez lumineux et aisé à consulter. L'écran d'accueil affiche l'heure et le nombre de pas effectués. En touchant l'écran vers la gauche, on profite d'une série de tuiles dédiées aux messages, aux emails, aux appels, aux exercices et aux alarmes. Vous pouvez ajouter, supprimer et personnaliser les tuiles qui apparaissent sur le Band, et même choisir la couleur et le papier peint affichés. Windows Phone 8.1 n'est pas loin !
La tuile de notification est pratique, notamment lorsqu'il s'agit de revenir sur les récentes alertes. Même chose pour les autres tuiles, comme Twitter, Facebook et même la carte Starbucks : elles sont bien pensées et très fonctionnelles. En clair, même s'il n'égale pas l'affichage AMOLED 1,84 pouce du Gear Fit, celui du Band se révèle meilleur que l'écran du Vivosmart de Garmin, dès lors que son interface à base de tuiles est beaucoup plus claire.

Malheureusement, impossible de changer l'orientation des tuiles, en les passant de l'horizontale à la verticale. Ce qui rend difficile la consultation dans certaines situations. Pour pallier cette difficulté, il faut porter l'appareil sur la face intérieure du poignet... ce que certains apprécieront peut-être, mais probablement pas la majorité.
Dans l'ensemble, l'écran tactile est réactif et rapide. Seul petit bémol : glisser vers la gauche est plus "houleux" que de glisser vers la droite. En outre, il convient d'activer le mode Watch, afin de conserver toujours l'heure à l'écran, qui l'affiche à l'aide d'une lumière tamisée. Cette fonction n'est pas activée par défaut. Microsoft affirme qu'à l'avenir, l'écran se met en marche automatiquement lorsque vous retournez votre poignet pour vérifier l'heure.

2 - Oui, pour sa compatibilité et son application Microsoft Health

L'un des éléments les plus importants du Microsoft Band reste sans nul doute sa compatibilité. Actuellement, le bracelet prend en charge les appareils connectés en Bluetooth, qu'ils tournent sous iOS 7.1 ou 8, Android 4.3 ou 4.4, et bien entendu Windows Phone 8.1. Pour configurer le Band, il suffit de télécharger l'application Microsoft Health. Après s'être assuré que l'appareil est allumé et prêt à être appairé avec le smartphone, la configuration peut commencer. L'opération est vraiment très simple et la synchronisation se fait en deux secondes seulement.

L'application compagnon Microsoft Health se synchronise avec le Band, afin d'enregistrer toutes vos données fitness. Il s'agit d'une application santé assez standard, flanquée d'une interface minimaliste aux couleurs violacées. L'application se présente sous la forme d'une mini-interface montrant les étapes, les calories et les exercices dès l'écran d'accueil. En touchant chacune de ces options, on accède à davantage de détails concernant l'activité quotidienne. En pressant l'icône Microsoft Band en haut à droite, il est possible de personnaliser les préférences et le look de l'écran du bracelet. On peut alors sélectionner les tuiles à afficher sur l'appareil, ainsi que leur ordre d'apparition. Comme évoqué précédemment, on a également le moyen de choisir la couleur et le fond d'écran du Microsoft Band. Ces options peuvent paraître superflues, mais elles font partie de ces petites choses qui permettent de différencier un bracelet d'un autre et d'y apporter sa petite touche personnelle.
Mais Microsoft Health n'est pas qu'une application classique de fitness. Elle est conçue comme un service de cloud multiplate-forme, qui vous permet de suivre les résultats obtenus avec des applications tierces comme MyFitnessPal, RunKeeper et d'autres. Microsoft mise sur le fait que Microsoft Band devienne un jour l'application que tout le monde utilisera. Grâce aux informations collectées auprès de l'ensemble de ses utilisateurs, Microsoft souhaite être capable de répondre aux attentes de chacun et de prodiguer des conseils plus appropriés aux conditions physiques de chacun.

3 - Oui, pour son coach virtuel

Microsoft a collaboré avec des marques de remise en forme comme Gold's Gym et Shape Magazine, afin d'apporter à son bracelet connecté. Ce service s'appelle Guided Workouts, et propose de choisir des exercices spécifiques, à faire à la maison ou en salle.
L'onglet Find a Workout (Trouver un entraînement), contient toutes les séances disponibles, et vous permet de les filtrer par type ou par marque. En appuyant sur l'une de ces séances, on bénéficie d'un aperçu de la séance en question, de ses objectifs, de son niveau de difficulté et de sa durée approximative. Après avoir trouvé la séance qui vous correspond, vous pouvez la télécharger sur votre Band d'une seule pression sur l'appareil.
Le Band vous guide tout au long de l'entraînement. Une fois la séance commencée, le Band compte à rebours le nombre de répétitions restantes. Entre chaque série vous sont accordées quelques secondes de repos, durant lesquelles l'écran vous présente la série suivante. Tout au long de la séance, l'appareil affiche la durée de chaque répétition (rep), le nombre de battements cardiaques par minute, et le nombre de calories brulées. Pour quelqu'un qui ne sait pas par où commencer en matière de fitness, le Microsoft Band peut se révéler particulièrement utile. Il joue les véritables coachs et vous permet de vous concentrer avec sérieux sur chaque séance d'entraînement. Le service Guided Workouts s'avère très fourni, malgré sa relative jeunesse. On y trouve tantôt des exercices dédiés aux dilettantes, tantôt à ceux qui sont plus aguerris en matière de sport. Ne manquent plus que des séances de yoga ou de Pilates, et l'ensemble serait ultracomplet. 

4 - Oui, pour son GPS

Le GPS intégré dans le Band est exploité pour mieux suivre vos séances de jogging. Avant de commencer l'épreuve, assurez-vous que la fonction Run with GPS est bien activée, en faisant coulisser l'écran vers la gauche. Puis pressez le bouton Action. Lors de notre test, l'appareil a nécessité 4 minutes avant de nous localiser, mais par la suite, il nous a suivi et a tenu le rythme. Vous devriez obtenir de meilleurs résultats de géolocalisation en banlieue ou dans les lieux où il y a moins de grands bâtiments.
Lorsque la séance de jogging ou de running est terminée, le Band vous montre la durée, la distance parcourue et votre rythme moyen. Mais lorsque vous ouvrez l'application Microsoft Health, vous disposez d'une foultitude d'autres informations. Vous pouvez consulter le début de la course, le nombre de calories perdues,  le rythme cardiaque, le temps de récupération, etc. Et grâce au GPS, vous pouvez voir sur une carte le tracé de votre parcours, les endroits où vous avez couru plus lentement et ceux où vous avez accéléré. Notez néanmoins que, si le Band est capable de synchroniser avec une application comme RunKeeper pour tout ce qui est distance, durée, rythme cardiaque ou calories perdues, il ne le fait pas au niveau de la géolocalisation.

5 - Non, pour son design

Le Microsoft Band ressemble à un appareil de première génération, une sorte de coup d'essai pour Microsoft. Il adopte une forme un peu étrange : une sorte de petit rectangle dont les côtés sont incurvés. Sur le dessus, il profite d'un écran plat et rigide de 0,43 x 1,3 pouce. Sur le côté, on trouve un bouton d'allumage et un autre dédié aux actions. Contrairement au Gear Fit de Samsung, qui a une forme similaire, le Microsoft Band est rigide et ne couvre pas naturellement votre poignet de façon. Il a plutôt tendance à « dépasser » et se révèle en conséquence un peu encombrant.

Néanmoins, en haut et en bas du cadran, on trouve des extrémités incurvées et souples. Pour sécuriser le Microsoft Band autour de votre poignet, vous devez pincer les côtés de l'une de ces extrémités, et faire glisser la fixation dans la rainure sur l'autre extrémité. Ce système se révèle assez pratique : grâce à lui, on peut ajuster le Band et faire en sorte qu'il serre parfaitement le poignet. Néanmoins, lors des premiers temps d'utilisation, on a tendance à se pincer à plusieurs reprises.

Sur la face intérieure de l'appareil se trouve le capteur de fréquence cardiaque, dont la diode verte brille quand il détecte les battements du cœur de l'utilisateur. Le Microsoft Band est résistant à l'eau, à la sueur et aux éclaboussures, mais il n'est pas certifié IP67 comme le Gear Fit. Donc, mieux vaut éviter de tomber dans une flaque d'eau ou de faire la vaisselle avec. À titre de comparaison, le Basis Peak et le prochain Fitbit Surge sont plus résistants, puisqu'ils peuvent survivre jusqu'à 50 mètres de profondeur.
Microsoft souligne que l'élément le plus important, lorsque l'on parle de bracelet connecté, ce n'est pas tant le matériel, mais plutôt le suivi et les conseils prodigués par l'appareil. Néanmoins, on pourra reprocher au Microsoft Band son côté « trapu » et parfois inconfortable. Si Microsoft a travaillé sur ce projet dès 2010 comme le constructeur le prétend, on était en droit d'attendre un appareil plus agréable à porter.

6 - Non, pour certaines de ses fonctionnalités superflues

Le cardiofréquencemètre du Microsoft Band est intégré dans le fermoir de l'appareil et mesure, comme son nom l'indique, votre rythme cardiaque. Il le fait en continu, pendant vos séances d'entraînement, mais aussi le reste de la journée. En pressant l'écran d'accueil du Microsoft Band, vous pouvez basculer vers le nombre de pas effectués, la distance parcourue, les calories brulées et les pulsations/minute. Chaque lecture nécessite de 15 à 20 secondes pour s'achever, ce qui est légèrement plus long que le temps requis par le Gear Fit de Samsung (de 10 à 15 secondes). Mais à moins d'être vraiment très curieux, vous ne suivrez probablement pas vos pulsations en continu au travail. Cette fonctionnalité est surtout appréciable pendant un exercice sportif.

Les utilisateurs de Windows Phone profitent d'un avantage supplémentaire : l'intégration de l'assistant Cortana au Microsoft Band. Tant que le smartphone est à proximité du bracelet connecté, vous pouvez parler et faire en sorte que Cortana vous seconde. Vous pouvez ainsi programmer des rappels, consulter la météo ou encore prendre des notes. En maintenant le bouton Action sur le bracelet, le Band se met automatiquement en mode "écoute". L'appareil répond plutôt bien. Néanmoins, il faut finaliser certaines opérations sur le smartphone, en plus de les avoir dictés via le Band. Impossible par exemple de spécifier correctement un rappel pour un événement (rendez-vous, réunion, etc.). Il est nécessaire de faire appel dans ce cas au téléphone sous Windows Phone. Enfin, on regrettera que l'échange entre Windows Phone et le Band ne soit pas à double sens. On ne peut répondre aux notifications émises par Cortana directement sur le Band. Là encore, il est impératif de recourir à son smartphone. En conséquence, on se demande (pour l'instant) à quoi peut bien servir l'intégration de Cortana dans le bracelet connecté, dès lors qu'il n'est pas du tout autonome.

7 - Non, à cause de sa faible autonomie

Microsoft affirme que les deux batteries 100 mAh du Band lui permettent de tenir deux jours d'affilée. D'après nos tests, l'appareil profite d'une autonomie un peu meilleure, puisqu'il peut tenir jusqu'à deux jours et demi sans être rechargé. Mais l'appareil est loin de rivaliser avec les solutions concurrentes : en deux jours, le Gear Fit de Samsung draine 31% seulement de sa capacité. Et que dire du Vivosmart de Garmin, qui tient quant à lui cinq jours sans rechigner ?
Enfin, mieux vaut ne pas utiliser le GPS de l'appareil. Dès qu'il est activé, l'autonomie du Band chute à seulement quelques heures (comme n'importe quel smartphone ou montre GPS).

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