[Test] Surface 3 : la « vraie » tablette Windows de Microsoft ?

Adieu Windows RT, bonjour le « vrai » Windows

En 2012, Microsoft lançait sa première tablette nouvelle génération... après avoir déjà tenté l’expérience dans les années 2000 avec les Tablet PC, mais ça, c’est une autre histoire. Deux modèles avaient été présentés à l’époque, même si l’un est arrivé finalement un peu plus tôt que l’autre. La Surface RT, disponible dès novembre 2012, tournait à l’aide d’un processeur ARM et avec une version « édulcorée » de Windows 8, qui limitait grandement l’usage de l’OS et de ses applications. La Surface Pro quant à elle, commercialisé en mai 2013, fonctionnait à l’aide d’un Intel Core i5 3317U et disposait d’une édition classique de Windows 8 : grâce  à elle, on pouvait accéder à toute la logithèque de l’OS, sans restriction aucune.

Depuis cette époque, de l’eau a coulé sous les ponts : aujourd’hui, on en est déjà à la troisième mouture de la Surface Pro (celle sous Windows 8). De son côté, la Surface RT (sous Windows RT) a connu une seconde mouture, puis a été délaissée par Microsoft, probablement à cause de son OS tant décrié par les utilisateurs. On a bien cru un temps, que Microsoft arrêterait définitivement cette gamme de produits meilleurs marché que la Surface Pro.


Mais c'était sans compter sur l'obstination du géant de Redmond, qui revient en force ce mois-ci avec une nouvelle tablette 10", moins grande certes que la Surface Pro 3, mais aussi moins onéreuse. Cette nouvelle tablette succède en toute logique à la Surface 2 sous Windows RT… en toute logique, vous avez dit ? Pas tout à fait : car s'il s'agit toujours d'une tablette 10", Microsoft délaisse le processeur ARM ainsi que son système d’exploitation créé spécialement en 2012. Exit Windows RT donc, la Surface 3 retourne à la case départ avec un processeur Intel 64 bits. Celui-ci assure par conséquent à l'appareil une entière compatibilité avec la logithèque classique de Windows. Dans la foulée, la Surface 3 en profite pour s’équiper d’un stylet et d’un ratio d’écran similaire à celui de sa grande sœur, la Surface Pro 3.

Bref, Microsoft tente de reconquérir le cœur des utilisateurs déçus par Windows RT (et ils sont nombreux !). Mais toutes ces belles promesses parviendront-elles à faire oublier le passé, et surtout, la Surface 3 a-t-elle de quoi contrer une concurrence de mieux en mieux armée et encore moins chère ? Réponse ici-même.

Nouvelle carrosserie et prise en charge du stylet

Première constatation lorsqu'on la prend en main : la Surface 3 est plus légère que sa grande sœur. En effet, la Surface Pro 3 pèse 800 grammes (sans le clavier), alors que la nouvelle Surface 3 ne pèse que 622 grammes. Elle est aussi plus fine, puisqu'elle profite d'une épaisseur de 8,7 mm, contre 9,1 mm pour la Surface Pro 3. En revanche, elle est aussi plus petite : la Surface 3 n'est en réalité qu'une 10,8", alors que la Surface Pro 3 est une 12". En conséquence, on y perd en définition, même si cela reste largement suffisamment pour un appareil de ce type. La Surface 3 est en effet capable d'afficher 1920x1280 pixels à l'écran, et profite d'un ratio 3:2, ce qui permet de regarder un film en full HD (la Surface Pro 3 jouit du même ratio, mais est capable de prendre en charge 2160x1440 pixels à l'écran).

Elle plie, mais ne rompt pas

Face à la Surface 2 sortie en 2013, cette tablette fait peau neuve en se dotant d’une nouvelle carapace. Celle-ci est en fait empruntée à la Surface Pro 3 et profite donc d'un dos gris métallisé. Sur son côté droit, on y trouve un port USB 3.0, un mini displayport, une prise audio et une prise microUSB servant à recharger l'appareil. Sous le pied de la Surface 3, on bénéficie également d'un port microSD. La finition de l'ensemble est léchée et l'on apprécie que la tablette puisse aimanter le clavier, plutôt que de devoir le clipser comme sur certains modèles concurrents (voir notre test de l'Asus T100 Chi, par exemple). Bref, la tablette est robuste, pratique et l'on a affaire à un produit finalement assez classieux. En outre, la Surface 3 bénéficie par ailleurs de trois inclinaisons possibles, là où la Surface RT n’en possédait qu’une seule, et la Surface 2 en détenait deux. Certes, on est loin de la Surface Pro 3, inclinable dans toutes les positions possibles, mais l’un des maux de la petite tablette bon marché de Microsoft est en voie de guérison. On peut enfin la tenir dans presque toutes les conditions possibles (sur les genoux, allongé, dans le canapé, sur le bureau, etc.). En outre, bon point : Microsoft à penser à celle et ceux qui s’appuient un peu trop fortement sur la tablette. Si une forte pression est exercée sur la tablette, son pivot se « déclipse » sans se casser. Il suffit par la suite de le reclipser pour retrouver une tablette pleinement fonctionnelle.

Le stylet, bien plus qu'un accessoire de mode

Autre nouveauté, et elle est de taille : la tablette est désormais compatible avec le stylet de la Surface Pro 3, et là encore, c’est plutôt une bonne chose. L’accessoire représente en effet l’outil idéal pour celles et ceux qui auront régulièrement besoin de prendre des notes sur l’appareil (sous OneNote, par exemple). Les plus aguerris s’essaieront à composer des dessins soit à l’aide de l’application Fresh Paint déjà installée, soit à l’aide de logiciels comme Photoshop ou Illustrator. Notez que la préhension du stylet est vraiment très bonne, qu’il est suffisamment léger pour tenir dans une petite poche (il est alimenté par une simple pile AAAA), mais suffisamment lourd pour faire illusion et simuler que l’on manipule un vrai  stylo. On dispose de deux boutons sur sa tranche, et d’un autre situé à son extrémité, qui permettent tour à tour d'appeler des menus contextuels, d'effacer des éléments à l'écran, voire de mettre l'appareil en marche pour une prise de note immédiate. Unique (maigre) reproche : sur la Surface Pro 3, le stylet peut être déposé sur le port d’alimentation aimanté. Pratique quand on ne veut pas le perdre. Avec la Surface 3, Microsoft a revu son mode d’alimentation : l’appareil est désormais relié à un classique câble micro USB, comme ceux qui équipent désormais nos smartphones et nos tablettes Android. Cette compatibilité ne présente que des avantages face au port de la Surface Pro 3 propriétaire, à une exception près. On ne peut plus se servir du port d'alimentation pour y déposer le stylet. Dommage qu'après tant de modèles différents de Surface, Microsoft n'a toujours envisagé de logement pour y insérer le stylet. Et à 49 euros l'accessoire, mieux vaut ne pas l'égarer trop souvent, n'est-ce pas ?

Des performances dignes d'une... tablette ?

Microsoft communique énormément sur le côté hybride de son appareil. Il s'agit à la fois d'une tablette, mais également d'un PC. Et c'est vrai, dès lors que l'on peut y adjoindre un clavier et une souris, et que l'on aisément y connecter un écran de PC ou un téléviseur. Néanmoins, il s'agit alors d'un « petit » PC, car en termes de puissance, la Surface est équipée d'un processeur que l'on pourrait trouver dans une tablette Android ou un smartphone haut de gamme. Microsoft a fait en effet le choix d'intégrer à sa tablette un Atom x7-Z8700 cadencé à 1,60 GHz (2,40 GHz en mode Turbo). Ce type de processeur quadricoeur est gravé en 14 nm et ne nécessite pas de refroidissement actif. En clair, il n'y a aucun système de ventilation dans l'appareil, qui n'émet donc aucune nuisance sonore.

Une tablette idéale pour travailler, mais limite pour jouer

En contrepartie, il ne faut pas trop lui en demander. Même sur le modèle équipé de 4 Go de RAM et de 128 GO de SSD, la tablette connaît quelques signes de fatigue. A titre d'exemple, le simple lancement du logiciel Illustrator nécessite 29 secondes montre en main. Nous avons également éprouvé la tablette à l'aide de différents logiciels de test (voir captures ci-dessous) et les résultats sont bien en deçà de ce qu'on peut trouver habituellement sur un PC équipé d'un simple Core i3, même de première génération. En outre, si vous souhaitez utiliser la tablette pour le jeu, il vous faudra vous résoudre à du 1024x768 dans les titres en 3D... et encore. Un titre comme Tomb Raider (celui de 2013) est difficilement praticable, même en descendant sa définition au strict minimum. En revanche, la tablette peut se révéler un très bon compagnon pour le casual gaming ou les jeux de plate-forme. Ori and The Blind Forest s'adapte remarquablement bien à la tablette (une fois la résolution descendue à du 1024x768 ou 1280x720), d'autant que certains contrôles de ce jeu peuvent être effectués de manière tactile.
Enfin, si vous souhaitez simplement utiliser la tablette pour travailler, surfer ou dialoguer, l'appareil constitue un très bon choix. Ses deux capteurs 3,5 mégapixels (à l'avant) et 8 mégapixels (à l'arrière) lui assurent des prises de vue correctes, et vous permettront de filmer et d'utiliser Skype (le logiciel de discussion instantanée maison) dans de bonnes conditions.

Côté OS et logiciels, on attend Windows 10


Avec la Surface 3 est livré un abonnement à Office 365. Les précédentes éditions de la Surface (la Surface RT et la Surface 2) avaient pour avantage d’offrir une édition illimitée de la suite Office 2013. Ici, l’abonnement est valable pour un an et offre également 1 To de stockage sur l’espace en ligne OneDrive. Mais au terme de cette année, il faudra débourser entre 8 et 11 euros par mois en moyenne pour acquérir une licence de la suite bureautique.

En attendant Windows 10…

Comme nous l'avons vu, cette nouvelle édition de la tablette dispose d’une version tout ce qu’il y a de plus classique de Windows. Comprenez par là qu’on profite d’un environnement bien connu, sur lequel on peut installer tous les logiciels que l’on utilise depuis des années. Voilà un excellent point, puisqu'on peut désormais disposer de la plus importante logithèque au monde (celle de Windows), tout en profitant des quelque 400.000 applications du Windows Store.
En revanche, la tablette étant disponible avant Windows 10 (prévu pour cet été en RTM), il faut pour l’instant se contenter de Windows 8.1. On a vraiment hâte que le système d’exploitation fasse peau neuve, d’autant que la mise à jour sera gratuite. Une fois le système mis en place, on pourra profiter d’un assistant vocal complet (Cortana), d’un environnement qui s’adapte de l’usage que l’on fait de la tablette (Continuum) ou d’applications compatibles à la fois avec la tablette et un smartphone (Universal Apps).

Bon et alors, on achète ou pas ?

Au final, la tablette a de quoi séduire, tant par son design, son stylet et ses possibilités. Bien évidemment, impossible de l’utiliser en guise de PC intensif de jeu, mais pour toutes les autres tâches, la tablette s’en sort vraiment bien.

Mais il y a un hic, et il est de taille : la tablette vaut la bagatelle de 599 euros… et ce n’est que le modèle de base. A ce prix, on ne profite que de 64 Go d’espace de stockage et de 2 Go de RAM. Et on n’a le droit ni au stylet ni à la Type Cover. Pour ces deux accessoires, il faudra débourser réciproquement 49,99 et 149 euros. Ce qui porte la facture à près de 800 euros, tout de même ! Et si l’on souhaite disposer de la version équipée de 4 Go de mémoire et de 128 Go de SSD, c’est pas moins de 719 euros qu’il faudra investir, et ajouter près de 200 euros pour obtenir le clavier et le stylet. Vous en voulez encore ? Il existe un dock dédié à la Surface 3, lequel permet de recharger l'appareil, mais également de profiter de quatre ports USB supplémentaires, d'une liaison Ethernet, d'une sortie Mini DisplayPort, d'une connexion audio, et même d'un endroit pour ranger le stylet (hourra !). Et cette station d'accueil coûte pas moins de 229 euros...

Alors oui, la Surface 3 souffre d’un tarif hors norme. Dans cette gamme de prix, on peut profiter d’un PC portable beaucoup plus puissant, comme le Yoga de Lenovo (qui dispose d’un Core i5, de 4 Go de mémoire et d’un disque de 516 Go). Et ce n’est qu’un exemple, des modèles de PC comme celui-là, il en existe des dizaines. Le meilleur que l'on pourrait donner, c'est d'attendre. Attendre que les prix baissent, ou que Microsoft propose un bundle Surface 3 + Type Cover à 599 euros. Attendre également que Windows 10 sorte, et que la tablette dispose de tous les atouts pour faire d'elle un véritable assistant au quotidien. Notez enfin que la Surface 3 se verra bientôt décliner en versions 4G (l’une en 2 Go/64 Go, et l’autre en 4 Go/128 Go), que leur prix n'est pas encore connu, mais qu'il sera de toute façon plus élevé que ceux des autres modèles.

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4 commentaires
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  • Garf34
    Le premier Mac Book Air 11' est à 999 € mais tout le monde s'ébahit devant la machine.

    Je ne vois pas de mal à vendre une machine performante, tactile et polyvalente pour des prix similaires. Mais c'est sûr, ce n'est pas Apple...

    Microsoft a encore du chemin à faire pour rattraper le géant Apple. Mais pas en compétence et en qualité de production. En image de marque publique et en bienveillance de la part de la presse spécialisée.
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  • fafalefou
    J'ai effectivement profité d'un bundle tablette + type cover à 599 € chez Carrefour en Belgique. Du coup, je me suis précipité dessus
    Elle vaut le coup, pas pour jouer (quoique un jeu comme CIV 4 réagit super bien, je sais ça date...) mais pour le reste, j'aime
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  • Anonyme
    On trouve facilement sur le bon coin des surface pro 3 core i5 avec ssd de 128 go pour 750/800 euros le stylet étant offert et parfois pour 50€ de plus on a le clavier. Donc ça sera sans moi. je préfère un galaxy note 10 édition 2014 avec un stylet wacom en plus.
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  • grosloulou
    Ne parlons pas de prix, Microsoft n'a pas pour vocation de brader éternellement son matos surtout si il surnage qualitativement au dessus du grand concurrent Apple; les; autres constructeurs seront là pour ça; attendons Lenovo, Asus, Acer et les autres et nous verrons si l'offre s'enrichit avec des machines moins chères.
    Pour la version 4G j’espère que ce sera avec téléphonie.
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