[Test] Citybug 2 : on craque ou pas pour la trottinette électrique ?


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Lorsqu’on parle de trottinette, vous voyez forcément vous revenir en tête ce fameux geste, consistant à patiner pour se donner de la vitesse. Ce geste, la Citybug 2 cherche à le remplacer, sans l’éliminer totalement. Cette trottinette électrique propose en effet un système original baptisé « push & pull », qui utilise le guidon pour gérer la vitesse : vous le poussez vers l’avant pour accélérer, et vous le tirez vers vous pour ralentir. Mais que vaut ce système une fois à l’usage, et justifie-t-il l’achat de cette Citybug 2 ?

5 raisons de craquer (ou pas) pour la trottinette électrique Citybug 2

Oui - Parce qu’elle est très maniable

Contrairement à d’autres trottinettes électriques du marché, la Citybug 2 a la particularité d’être dépourvue de câbles apparents ou de commandes sur son guidon, au point qu’on se demande à la première utilisation comment la faire démarrer. Seuls deux boutons se trouvent sur le châssis : celui d’allumage à la base du guidon et un autre, tout près de la roue arrière, permet de limiter la vitesse à 6 Km/h afin de circuler sur trottoir bondé. Sans commande au guidon, la Citybug prend le parti d’utiliser la force de son utilisateur pour fonctionner : après avoir patiné un coup pour se lancer, on pousse le guidon vers l’avant, et une fois le moteur en marche, on sent tout de suite la poussée procurée par l’accélération. La trottinette maintient alors une vitesse constante tant qu’on n’agit pas sur le guidon, qu’il suffira de tirer vers soi pour ralentir. Baptisé « push and pull », ce système se prend en main dès les premiers kilomètres d’utilisation, et s’avère même assez pratique à l’usage : une côte se présente ? Il suffit de pousser le guidon vers l’avant pour procurer la poussée nécessaire à la trottinette afin de passer l’obstacle sans encombre. Il est donc possible de parcourir plusieurs kilomètres, de prendre ses virages, d’accélérer et de ralentir sans jamais poser le pied au sol, ou presque. Un vrai plaisir, d’autant que l’appareil est assez stable pour peu qu’on reste sur des revêtements adéquats : attention aux graviers et autres sols glissants qui pourraient vous faire déraper, et nous ne vous parlons même pas des espaces pavés : en l’absence de suspension sur les roues, ce seront vos bras et votre dos qui absorberont les secousses et vous useront assez vite.

Oui et Non - Parce qu’elle pourrait aller plus vite

L’accélération progressive nécessite un peu de pratique afin d’être maîtrisée. On pourrait en effet penser que plus on pousse le guidon, et plus on accélère, mais il n’en est rien. Une fois le moteur démarré, vous poussez le guidon une fois, et vous sentirez la trottinette accélérer pour atteindre une vitesse de croisière. Une fois cette vitesse atteinte, elle est maintenue jusqu’à ce que vous en décidiez autrement, soit en tirant le guidon pour ralentir, soit en le poussant pour accélérer à nouveau. Dans le second cas, vous sentirez une nouvelle poussée qui vous fera atteindre la vitesse de pointe, qui est de 18 km/h. Globalement, la vitesse et l’accélération sont très correctes lorsqu’on partage le trottoir avec les piétons et autres skateboards. Mais elle peut vite devenir frustrante si on navigue sur piste cyclable ou au bord de la route, ou encore lorsqu’un grand espace se présente : nous nous sommes plusieurs fois retrouvés à pousser le guidon, uniquement pour se rendre compte que nous étions déjà à la vitesse maximale. Pire, utiliser la Citybug 2 en descente procure la même frustration : alors qu’on s’attendrait à profiter de la poussée pour s’offrir une pointe de vitesse, le frein moteur n’a de cesse de faire son travail et de maintenir une vitesse maximale de 18 km/h, impossible d’aller plus vite. La vitesse globale est donc raisonnable, mais il manquerait tout de même un troisième palier qui nous permettrait de nous approcher des 25 km/h qu'on retrouve sur d'autres modèles.

Oui et Non - Parce qu’en dehors de l’électrique, point de salut

Notre traversée de Paris en trottinette... Mais nous avons dû terminer en métro !Notre traversée de Paris en trottinette... Mais nous avons dû terminer en métro !

La Citybug 2 propose une autonomie entre 15 et 18 km, une donnée que nous avons pu vérifier à l’usage d’une manière assez simple : nous avons tenté de traverser Paris d'est en ouest à son bord. En roulant sans la ménager, c'est-à-dire en accélérant dès qu’un espace dégagé le permet et en multipliant les freinages et accélérations imposés par les déplacements en ville, la batterie nous a fidèlement suivis durant 15,5 km avant de rendre l’âme. L’autonomie est donc assez honnête, mais nous avons alors eu un premier problème. Alors que nous pensions pouvoir terminer les derniers kilomètres en patinant, comme avec une trottinette classique, nous avons eu une mauvaise surprise : détectant un poids et une poussée, le moteur avait la fâcheuse tendance à se remettre en route, sauf que la batterie n’était plus capable de l’alimenter suffisamment pour propulser l’engin. Ne restait alors plus que le frein moteur, qui rendait d’autant plus pénibles toutes nos tentatives d’avancer. Même en faisant l’effort de se baisser pour éteindre pour de bon l’appareil, rien n’y fait : chaque nouvelle poussée à la force des jambes se voit annihilée par le moteur entraînant la roue, et on se prend à rêver d’une manière de débrayer pour passer en roues libres. Ne reste plus alors qu’à plier sa trottinette et finir le trajet autrement.

Non - Pour ses dimensions XXL


Arrivés à court de batteries, la solution qui nous semblait la plus raisonnable consistait donc à plier la trottinette et la porter pour terminer le trajet en métro. Sauf que c’est là que nous avons constaté son principal défaut : son poids, qui reste cohérent avec ses dimensions imposantes. Avec un poids dépassant les 13 kg, la trottinette est assez difficile à porter à bouts de bras. Prendre les transports en commun avec relève donc de l’exercice sportif, d’autant que son châssis imposant ne lui permettra pas de se faufiler partout, même une fois pliée : difficile de la glisser sous un siège, il faut donc trouver un moyen de la ranger discrètement sans incommoder les autres voyageurs, une tâche proche de l’impossible aux heures de pointe. Un gros point noir, considérant que ladite trottinette ne peut pas être utilisée normalement lorsqu’elle n’a plus de batteries.


Non - Car elle coûte encore trop cher

Avec un prix avoisinant les 1000 euros, la Citybug 2 se place au-dessus la moyenne des prix des prix des moyens de transport urbain. En plus d’être difficilement accessible à une bonne partie des budgets, ce prix est encore très élevé par rapport au service rendu par l’appareil : 15 km d’autonomie pour rouler à 18 km/h, c’est bien moins que n’importe quel vélo électrique disponible à ce prix, et même un peu moins rapide que d’autres trottinettes ou gyropodes. On pourra se consoler en se disant que c’est le prix à payer pour le système push & pull innovant et agréable introduit par ce modèle, mais cette seule nouveauté risque d’être un peu fade pour défendre un prix élevé.

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