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Stadia : prise en main du cloud gaming de Google, faut-il s’y abonner ?

Google lance Stadia le 19 novembre. Pour 9,99 € par mois, on accès à un catalogue de jeux en ligne à jouer en streaming. Quid de l’expérience, est-ce concluant ? est-ce complet ? On a essayé pour vous.

Longtemps connu sous le nom de code Project Stream, Google Stadia a été annoncé en octobre 2018. Un an plus tard, Mountain View lance son service de jeux vidéo en ligne. Avec lui, le géant de la recherche se met au jeu vidéo tout en prenant en même temps le tournant de la dématérialisation. Par là, il impose une longueur d’avance à bon nombre d’acteurs de ce secteur. Un pied de nez à l’industrie vidéoludique, celle qui continue à distribuer ses jeux de manière physique.

Le nerf de la guerre est aujourd’hui dans les contenus dématérialisés. Google l’a compris et se lance à corps perdu dans cette aventure de cloud gaming avec Stadia. Comment ça fonctionne, combien ça coûte, est-ce que ça vaut le coup ? Rien de mieux qu’une FAQ et le retour de notre prise en main pour y voir plus clair.

Stadia : notre prise en main du cloud gaming à la sauce Google

Image 1 : Stadia : prise en main du cloud gaming de Google, faut-il s'y abonner ?

Le cloud gaming, qu’est-ce que c’est ?

Comme dit en préambule, Google Stadia est une solution de cloud gaming. Contre un abonnement mensuel, on accède à un catalogue de jeux. Il faut comprendre ici que les jeux ne sont pas chez l’utilisateur, mais hébergés et opérés à distance sur des serveurs de Google. À ce titre, Stadia vient concurrencer GeForce Now de Nvidia, xCloud de Microsoft ou encore le PlayStation Now. Plus besoin de télécharger les nombreux gigaoctets de données et perdre son temps en mises à jour. Le système est plug&play, on branche et on joue.

Attention, un écueil à éviter : Stadia n’est pas le Netflix du jeu vidéo. La ludothèque de Stadia n’est pas en accès direct, il faut acheter les jeux un par un. Et puisqu’ils sont dématérialisés, cela signifie également qu’il est impossible de les revendre en occasion, une limitation qui a d’ailleurs récemment posé problème au magasin Steam, plainte de l’UFC-Que Choisir à l’appui.

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Quand Stadia sera-t-il disponible ?

Il sera possible de s’abonner à Stadia dès le 19 novembre 2019 à 18h, heure française. En attendant, on peut se préparer en téléchargeant l’application compagnon du service disponible sur Android et iOS.

Télécharger Google Stadia

Combien coûte Stadia ?

Stadia est lancé dans une offre Stadia Pro permettant d’afficher en 4K avec un son 5.1 surround. Un niveau de prestation qui est facturé 9,99 €/mois. Comme expliqué précédemment, cet abonnement ne permet d’accéder qu’à la plateforme. Il faut ensuite y acheter ses jeux.

On est alors plus proche de GeForce Now de Nvidia que de xCloud, Microsoft proposant 50 jeux jouables à volonté. De son côté, Sony propose 700 jeux PS2, PS3 et PS4 accessibles en illimité pour 9,99 €/mois également.

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Stadia gratuit, c’est pour bientôt ?

Oui, Google ne se limitera pas à une offre 4K. En 2020, Stadia étendra sa proposition avec un volet gratuit : Stadia Base. On perdra en rendu puisqu’il faudra alors se contenter d’une définition Full HD et d’un son stéréo.

On est en droit de se demander pourquoi cette offre n’est pas disponible au lancement du service. Google nous a répondu à ce sujet : « nous avons préféré pour le lancement démontrer la véritable promesse de Stadia et la capacité à répondre aux meilleures définitions d’écrans, notamment celles des écrans TV. C’est pourquoi nous avons préféré lancer dès le début Stadia Pro. »

Une déclaration qui n’enlève rien à la légitimité de penser que Google a pu vouloir limiter le trafic sur ses serveurs afin de ne pas subir un bad buzz avec un engorgement dans les premiers jours d’exploitation de Stadia. En commençant par une offre à 9,99 €/mois, on évite la masse qui n’attend que le produit gratuit. Le Buddy Pass (3 mois d’accès à offrir à un proche) s’entend bien avec cet hypothèse puisque, bien que compris dans les packs Stadia, il n’est pas utilisable au lancement. De quoi encore limiter les utilisateurs.

Avec quels appareils peut-on jouer sur Stadia ?

Un ordinateur fait très bien l’affaire pourvu que l’on utilise Chrome pour se connecter à Stadia. Google réfléchit d’ores et déjà à une solution pour intégrer son service à d’autres navigateurs.

Depuis un smartphone ou une tablette sous Android ou iOS, sans doute bientôt. Pour l’instant, seuls les smartphones de Google, les Pixel 2, 3, 3a et 4, peuvent faire fonctionner le jeu en streaming via Stadia.

Enfin, autre bémol, pour jouer sur un téléviseur, il faut soit y brancher son ordinateur et passer par Chrome, soit utiliser la solution de Google (Premiere Edition) à 129 € qui comprend un Chromecast Ultra et son Stadia Controller.

Google Stadia arriverait sur Android TV en 2020

Quelles sont les manettes compatibles avec Stadia ?

Cela dépend du type d’accès privilégié. Si c’est à partir d’un Chromecast Ultra, seule la manette Stadia est fonctionnelle. Dans cette configurations, le Chromecast et la manette se connectent tous deux en Wi-Fi à la box Internet.

Depuis un ordinateur, un smartphone ou une tablette, toute autre manette compatible avec cet appareil sera reconnue par Stadia. Manette Xbox, Dualshock 4, etc., à chacun de choisir ses armes.

À noter que le Stadia Controller est aussi utilisable avec n’importe quel autre appareil. Petit incident d’agenda, ce n’est possible qu’en filaire dans un premier temps. La connexion sans fil en Bluetooth arrivera plus tard. Un câble USB-A vers USB-C est inclus dans la boîte. Il permet de raccorder facilement le Stadia Controller à un PC ou un Chromebook, par exemple.

Concernant les appareils mobiles, c’est une autre paire de manches. La manette Stadia n’est compatible qu’avec les Pixel 2, 3, 3a et 4 pour jouer en streaming. Google assure que la liste s’allongera avec d’autres smartphones ou tablettes. En attendant, il est possible de piloter son compte depuis n’importe quel appareil Android ou iOS.

La Premiere Edition vaut-elle le coup ?

Les précommandes de la Founder Edition ont débuté cet été. Pour son lancement, Stadia l’a renommée en Premiere Edition, un pack contenant tout le matériel nécessaire pour jouer sur grand écran.

On y trouve un Chromecast Ultra (compatible Ultra HD), une manette Stadia, trois mois d’abonnement à Stadia Pro, trois autres mois à offrir à un ami (Buddy Pass) et deux jeux (Destiny 2 et Samurai Shodown). L’ensemble est facturé 129 €.

Un rapide calcul de chaque pièce séparée permet de déterminer l’intérêt de ce pack : Chromecast Ultra (79,99 €), 3 mois d’abonnement (29,97 €), une manette Stadia (69 €) deux jeux à xxx €. Le bilan est simple, ce pack est une aubaine pour qui n’est pas déjà équipé. Ceux qui ont déjà un Chromecast Ultra pourront être intéressés par l’achat d’une manette Stadia, seule.

Note : attention, se connecter à Stadia via un Chromecast Ultra nécessite obligatoirement de passer par l’application compagnon (iOS/Android) ou le portail en ligne du service. De facto, cela oblige de posséder un smartphone, une tablette ou un ordinateur. C’est certainement le cas, mais cela va mieux en le disant.

Est-il possible d’acheter la manette Stadia, seule ?

Oui, Google a confirmé qu’il sera possible d’acheter sa manette séparément. Il en coutera 69 € au consommateur. Attention, pour fonctionner, elle nécessite tout de même de posséder un Chromecast Ultra. Cette possibilité est aussi intéressante pour les joueurs qui veulent utiliser Stadia à plusieurs. En effet, Google autorise de jouer jusqu’à 4 joueurs et reconnaît donc jusqu’à 4 manettes.

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Combien de jeux disponibles sur Stadia ?

Google vient tout juste d’ajouter 10 jeux à sa ludothèque. Cela porte le total à 22 titres. Un catalogue bien maigre pour un lancement, d’autant plus qu’on a droit qu’à une seule exclusivité : GYLT, un jeu d’aventure par les créateurs de RiME. Et n’ayant pas l’apparence d’un AAA, on doute que ce soit lui qui attire les joueurs sur la plateforme de Google.

La liste des jeux Stadia :

  • Assassin’s Creed Odyssey
  • Attack On Titan : Final Battle 2
  • Destiny 2 : The Collection (pour les abonnés Founders Pro)
  • Farming Simulator 2019
  • Final Fantasy XV
  • Football Manager 2020
  • Grid 2019
  • GYLT
  • Just Dance 2020
  • Kine
  • Metro Exodus
  • Mortal Kombat 11
  • NBA 2K20
  • Rage 2
  • Red Dead Redemption 2
  • Thumper
  • Tomb Raider 2013
  • Rise of The Tomb Raider
  • Shadow of The Tomb Raider : Definitive Edition
  • Samurai Showdown
  • Trials Rising
  • Wolfenstein : Youngblood

Google a déjà annoncé que 14 jeux supplémentaires devraient être ajoutés à son service d’ici la fin de l’année. Point positif, les prix des jeux sont sensiblement moins élevés sur Stadia que sur les autres canaux de distribution.

Quid des performances de Stadia ?

Stadia fonctionne par instance, à savoir qu’un espace virtuel est créé lorsqu’une partie est lancée. Les ressources nécessaires sont déterminées et les sauvegardes stockées dans cette instance.

Avec Stadia, les ressources nécessaires à l’exécution d’un jeu sont attribuées en fonction de ses besoins. Ce n’est pas comme Shadow où l’utilisateur à une machine distante et une puissance qui ne varie pas. Sur Stadia, jouer à Red Dead Redemption 2 ou Football Manager ne requérant pas la même puissance, les mêmes ressources ne seront pas allouées.

Pour Google, Stadia sera plus réactif qu’une machine en local

Et puisqu’il fallait donner un exemple de configuration, Google avait évoqué la machine type qui fait fonctionner les jeux Stadia :

  • GPU AMD 10.7 Teraflops avec 56 unités de calcul et mémoire HBM2
  • CPU adapté x86 @2,7 GHz avec hyperthreading, AVX 2 et 9,5 Mo de cache L2+L3
  • 16 Go de RAM avec des vitesses de transfert de 484 Go/s

10.7 Teraflops, c’est plus qu’une Xbox One X et une PS4 Pro assemblées. Autant dire qu’il y a suffisamment de performances pour obtenir un affichage en 4K à 60 images par seconde, la promesse de Google. Et nous avons pu la vérifier en nous adonnant à une partie de Destiny 2. C’est respecté, pour peu que la connexion Internet suive.

Google Stadia : à quelle qualité d’image aurez-vous droit ?

L’avantage des datacenter est que l’on peut faire évoluer le matériel. Google imagine déjà le futur de son service de cloud gaming. Il souhaite ensuite streamer des jeux en 8K à plus de 120 images par secondes.

Quel débit dois-je avoir pour jouer sur Stadia ?

Pour jouer en 4K à 60 images par seconde, Google recommande entre 25 et 35 Mbits. L’idéal est de tester votre connexion sur le site de Stadia.

Seul l’abonnement Stadia Pro est disponible au lancement. Pour autant, les connexions modestes ne sont pas oubliées. Il est aussi possible de jouer dès le début en 1080p ou 720p, cela dépend encore une fois du débit. Pour du Full HD, il faut compter 20 Mbits. 10 Mbits suffisent pour du 720p. Autant dire que bon nombre de foyers devront, en France, se contenter d’une expérience en Full HD, et plus particulièrement en HD-ready.

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Enfin, la latence, problématique pour les joueurs, est totalement contenue grâce à l’utilisation de technologies prédictives mises en oeuvre pour l’occasion par Google. Lors de notre test sur une ligne fibre, nous n’avons en tout cas pas ressenti de décalage. En même temps, nous étions peu à utiliser Stadia à ce moment puisqu’il n’était pas encore lancé.

Ce qui manque au lancement de Stadia

L’offre de Google souffre d’un discours parsemé de pointillés. Toutes les fonctionnalités de Stadia ne sont pas disponibles à son lancement. De trop nombreuses options devront attendre de futures mises à jour. Pour tout autre contenu, on dirait que le projet n’est pas achevé, pas abouti. Ici, c’est aussi le cas.

Commençons par la manette Stadia qui n’est utilisable qu’en filaire hors de son usage conjoint avec le Chromecast Ultra. À son sujet, on peut également évoquer le bouton de Google Assistant qui n’est pas opérationnel.

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Au niveau des services, c’est Stream Connect, le streaming de ses parties en vidéo, qui est aux abonnés absents. Le Crowd Play fait de même. Cette fonction pourtant met l’eau à la bouche. Avec elle, il est possible de regarder une partie d’un jeu en live sur YouTube et de rejoindre l’hôte pour la continuer avec lui.

Côté matériel encore, si l’on dispose d’un Chromecast classique, impossible de le faire fonctionner avec Stadia 

Compris dans les packs Stadia de Google, le Buddy Pass (3 mois d’abonnement à offrir à un proche) n’est pas utilisable pour l’instant. Le partage familial subit le même sort.

Notre avis

Bien qu’il s’agisse ici de préciser tous les contours de Stadia, nous avons aussi pu mettre nos mains dessus. Et notre avis est mitigé. Oui le système fonctionne bien. Pas de ralentissement, une 4K à 60 images par seconde. Tous les points techniques sont validés sur une ligne fibre. Nous n’avons pas encore pu tester sur une ligne ADSL.

Cependant, trop de petits manques s’amoncellent autour de ce lancement. Des détails que Google souhaite combler par la suite, mais ça ne fait pas très professionnel.

Stadia est à son lancement une version très avancée, mais pas finalisée. On préfèrera attendre quelques mois encore avant de se jeter dessus. Ce sera l’occasion de ne pas essuyer les plâtres et puis l’on profitera alors d’un catalogue de jeux moins famélique. Et mieux encore, en 2020 on aura accès à Base, l’offre gratuite de Stadia.