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[Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prises

Image 1 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prises

On l’aura attendu, la Zoé. Cette citadine électrique de Renault vient enfin concurrencer Peugeot et Citroen, qui proposent depuis un an déjà ce type de véhicule grand public. Sauf que ces autos, respectivement la iOn et la C-Zero, partagent une base commune que nous avons pu essayer. Et s’il s’agit de bons débuts en la matière, on est encore loin de prétendre remplacer durablement une voiture, même d’entrée de gamme, équipée d’un moteur thermique.

Lors du mondial de l’automobile en novembre 2012, Renault a dévoilé une version définitive de la Zoé. Elle ressemble donc à une petite citadine, rappelant d’ailleurs la dernière Clio. Cette traction de 88 chevaux et 22 mkg de couple est très à l’aise en ville, mais n’y est pas condamnée pour autant : sa vitesse maximale de 135 km/h lui ouvre les portes de l’autoroute … sur le papier en tout cas. L’ambition du constructeur est claire : démocratiser la voiture électrique avec la Zoé. Mais a-t-elle les moyens de ses espérances ?

6 raisons d’aimer (ou pas) la Renault Zoé

Le mot Zoé en grec signifie « la vie ». C’est également un prénom, une habitude chez Renault, qui tend à humaniser cette voiture qui se révèle être très attachante au quotidien. Bardée d’électronique, de son moteur au tableau de bord, la Zoé renferme de nombreux détails qui pourraient bien la transformer en idéal du geek écolo.

1 – La Zoé n’en veut pas à votre porte-feuille

Image 2 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prisesLa Zoé mise à nueL’un de principaux freins à la voiture électrique concerne son tarif. Souvent bien plus cher que des alternatives à essence ou diesel, le moteur propre ne s’adresse pas à toutes les bourses. La Zoé veut renverser cet état de fait. Grâce au bonus gouvernemental de 7 000 euros, elle débute à 13 700 euros clé en main, soit le prix d’une Clio d’entrée de gamme. Pour cette modique somme, il n’est pas nécessaire de passer par la case option : la climatisation ou encore l’interface connectée R-Link avec le GPS sont de série.

Cette politique tarifaire est également rendue possible par le fait que la batterie du véhicule se loue. Cela a un autre avantage : sa durée de vie n’importe pas. Dès que sa capacité baisse à 25%, elle est remplacée. Les mensualités varient selon l’utilisation (durée de location et kilométrage), de 72 à 125 euros

2 – C’est une vraie voiture

Image 3 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prisesL’habitacle est épuréLorsque l’on croise la route de la Zoé, difficile de parier sur sa motorisation. Il faut admettre que son style est futuriste, sans être pour autant décalé par rapport au reste du parc automobile. Elle est aussi grosse qu’une Clio et à l’intérieur, la finition est du même acabit. En clair : la Zoé est une vraie voiture, avec des prestations surprenantes pour un produit vendu à partir 13 700 euros.

Comparée à la Peugeot iOn par exemple, la Zoé est bien plus valorisante et son coffre est plus important que celui d’une Clio ! Les batteries sont placées dans le plancher afin de précisément éviter de perdre des espaces de rangement.

Le seul élément qui trahit sa motorisation est l’absence de bruit au démarrage, l’unique moyen de vérifier que le véhicule est « sous tension » est la mention « Ready » sur l’interface. En roulant par contre, la Zoé produit un son qu’il est possible de choisir depuis le tableau de bord (parmis trois timbres différents). Cette tonalité proche d’une petite turbine fonctionne entre 0 et 30 km/h afin d’alerter les piétons de l’arrivée de la voiture. Passé cette vitesse, le bruit de roulement des pneus suffit.

3 – Il ne faut pas trop s’éloigner d’une prise

Image 4 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prisesLa prise de la ZoéLa première inquiétude lorsque l’on embarque à bord d’une voiture électrique concerne l’autonomie. Le problème n’est pas d’aller quelque part, mais de pouvoir en revenir. La Zoé n’a pour le coup pas de solution miracle et se contente de faire comme la concurrence. La grosse batterie de 22 kWh en Lithium qui pèse pas moins de 285 kilogrammes est fournie par LG et garantie une autonomie pouvant aller jusqu’à 210 km.

Il s’agit là d’une valeur tout à fait théorique : si elle est plausible dans des conditions extrêmement favorables (en été, dans une circulation totalement fluide, sans dénivelé trop prononcé) et une conduite adaptée, une utilisation plus réaliste laisse envisager environ 150 kilomètres. La planche de bord indique en permanence l’état de la batterie et une estimation de l’autonomie. Un petit bouton placé à côté du levier de vitesse permet même de passer la voiture en mode « Eco » et ainsi gagner quelques précieux kilomètres grâce à différentes optimisations et réductions au niveau de l’alimentation – pompe à chaleur pour la climatisation, par exemple.

Au pire, la panne sèche est prise en charge par Renault, du remorquage de la voiture vers une borne de recharge à l’hébergement en cas de besoin, le tout dans un rayon de 80 kilomètres.

4 – Le système de recharge est contraignant

Le seul moyen d’aller loin avec une Zoé est donc de s’arrêter régulièrement à une borne. La prise de la voiture est habillement caché derrière le losange placé à l’avant, mais ne pourra pas se brancher partout : oubliez d’office les bonnes vieilles prises de courant conventionnelles.

Image 5 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prisesUne borne AutolibAvec la Zoé, il est indispensable de se relier à une borne de recharge spécifique. Pour les domiciles, cela passe par l’installation d’une « Wallbox » tandis que le chargeur intégré à la voiture (dit « Caméléon« ) transforme le courant électrique alternatif en continu. Une opération bien évidemment payante : 490 euros pour le boîtier, auxquels s’ajoutent entre 300 et 400 euros de mise en place par un professionnel. Ainsi branché, le chargement complet de la Zoé demande entre 6 et 8 heures.

Le vrai problème se pose pour les propriétaires de Zoé habitant en immeuble, qui devront négocier avec les syndics. Il reste la solution des stationnements Autolib en région parisienne, au prix d’un abonnement (15 euros / mois) et dans les limites de durée accordée par ce dernier (2h15 maximum par jour entre 8h et 20h, 4h30 de 20h à 8h).

Et en cas de besoin, il est toujours possible de se rendre dans une concession Renault pour récupérer un peu d’autonomie, un service pour l’instant totalement gratuit. Sinon, les temps de chargement indiqué par le constructeur sont :

Type de courantPuissanceTemps de charge
Monophasé (WallBox)16A / 3,7 kWEntre 6 et 8 heures
Triphasé 32A / 22 kW1 heure pour atteindre 80%
Triphasé63A / 42 kW30 minutes pour atteindre 80%

5 – Électrique, jusque dans les détails

Image 6 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prisesL’appuie-tête spécifiqueLa Zoé regorge de détails rappelant son moteur électrique, avec une dominante de bleu : les fenêtres sont teintés en bleu, les loquets de porte intérieure ainsi que les contours de la planche de bord également, sans oublier le losange arrière ainsi que le logo Zoé. Même les coques de phares sont bleues … Autant dire que si l’on est allergique à cette couleur, il faut passer son chemin !

D’autres décorations amusantes, tels que le ciel de toit incrusté en forme de circuit imprimé ou les appuis-tête travaillés finissent d’insister sur le côté « on n’est pas à l’intérieur de n’importe quelle voiture ».

6 – La tablette intégrée R-Link a des airs de K 2000

Zoé depuis son téléphone

L’application Z.E Services compatible Android, iOS et BlackBerry permet de prendre le contrôle de la Zoé pour gérer le chargement de sa batterie à distance, mais également jeter un oeil à l’autonomie ou la consommation. La climatisation peut être démarrée à distance et un système de notifications est intégralement configurable.

Le vrai plus à l’intérieur de la Zoé, c’est son système multimédia. Une tablette intégrée à la planche de bord, le R-Link, regorge d’information sur la voiture, dans une fluidité exemplaire. Un menu affiche en temps réel un graphique de la Zoé décrit le fonctionnement du moteur (dépense d’énergie en phase d’accéleration, récupération aux freinages ou au levé de pied à l’aide de l’énergie cinétique), tandis qu’un autre détaille la consommation tout en notant la manière de conduite (anticipation, vitesse). Des conseils sont progressivement distillés afin d’optimiser ses habitudes et économiser de précieux kilomètres.

Le R-Link est intégralement connecté au réseau mobile grâce à une carte SIM préintégrée (en partenariat avec Orange). Seul la 2G est exploité pour l’instant, mais l’équipement est compatible 3G (pas de 4G au programme). Plusieurs applications sont intégrées en usine (des journaux quotidiens, un économiseur d’écran ou encore un client Twitter) et un magasin, le R-Store, donne accès à un catalogue assez complet.

L’utilisation de ces services connectés est par contre payante et l’accès n’est possible qu’une fois la voiture arrêtée. Les six premiers mois sont offerts, ensuite il faudra se délester de 54,90 par ans (ou 149 euros pour trois ans). Il en va de même pour TomTom Live et l’avertisseur de radar Coyote, facturés ensembles 144 euros par an après trois mois (349 euros pour trois ans). Heureusement à ce tarif, les services R-Link sont compatibles dans toute l’Europe sans frais supplémentaire. 

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Nous avons par contre noté plusieurs plantages du logiciel de cartographie lors de notre essai. Électronique oblige, le seul moyen d’y remedier a été de redémarrer … la voiture. De futures mises à jour sont à prévoir selon le constructeur, qui devraient régler ce genre de problème.

Essai Renault Zoé

Verdict

La Renault Zoé est probablement l’une de meilleures citadines électriques. Elle apporte tous les avantages de la technologie – une absence totale de bruit ou de vibration qui incite à conduire Zen et à jouer le jeu de la douceur avec l’accélérateur pour augmenter son champ d’action, surtout dans les bouchons. Elle est également en avance sur la concurrence avec un tableau de bord futuriste, dont la fluidité répond enfin aux standards des tablettes et smartphones contemporains, avec des fonctionnalités bien pensées.

Image 9 : [Test] Renault Zoé : le courant ne passe pas dans toutes les prisesRenault Zoé

Notre seul vrai regret vient de son autonomie, qui, si elle est tout à fait correcte pour une utilisation urbaine et péri-urbaine, ne permet toujours pas d’envisager un départ sur un coup de tête pour les grands espaces, la faute aussi à un dispositif de charge contraignant. S’il n’est jamais trop compliqué de trouver des prises de courant conventionnelles, c’est déjà moins évident pour des WallBox. La Zoé se prive au passage de la clientèle qui vit en immeuble …