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Comparatif drones : comment choisir ? Lequel acheter ?

De 30 à 1400 euros : tout savoir sur les drones de loisirs

Les drones de loisirs sont sortis des boutiques ultraspécialisées pour rejoindre les rayons des grandes surfaces. On en trouve désormais à des prix ultralégers, pour à peine 25 €. Bien évidemment, plus on progresse, plus on brûle de prendre les commandes d’un drone encore plus puissant, plus rapide. Les prix peuvent alors grimper jusqu’à des sommes impressionnantes, et l'arrivée du Mi Drone de Xiaomi, qui promettait un prix plancher, n’a pas changé la donne en matière de drones de milieu et haut de gamme.
Mais un drone, ça sert à quoi, finalement ? Ces appareils, qui sont les héritiers du radiomodélisme, permettent de prendre plaisir à piloter, tout simplement. Mais c'est surtout les caméras sportives de type Gopro qui leur ont ouvert un nouvel univers, celui des prises de vues aériennes. Imaginez vos photos de vacances shootées depuis les airs, sous un angle inédit. Et à vous les dronies, ces selfies réalisés depuis un drone !

Par Frédéric Botton du site HelicoMicro.com et auteur du livre « Les drones de loisir » chez Eyrolles.

Nos préférés

Avant d’acheter un drone grand format pour tourner de superbes images depuis les airs, mieux vaut acquérir les bons réflexes de pilotage avec un engin de taille plus raisonnable. Notre sélection repose sur ces critères : un drone petit format pour apprendre à piloter, et un appareil doué pour la vidéo qui soit idéal pour partir en vacances ou filmer de beaux paysages…

Cette sélection sera prochainement remise en question, notamment avec la commercialisation imminente du Karma de GoPro, du Breeze de Yuneec  et du Mavic Pro de DJI. Ils sont destinés à réaliser de belles images aériennes tout en restant bien plus faciles à transporter que les machines conventionnelles. Les tests sont pour bientôt.

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Quelle taille choisir ?

Les plus petits drones mesurent 5 cm de côté et pèsent quelques dizaines de grammes. Leur radiocommande, d’ailleurs, est plus volumineuse qu’eux ! Ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à des jouets pour enfants. Mais il ne faut pas s’y tromper : ce sont de vrais appareils volants, qui réagissent comme les gros. Ils se révèlent même plus difficiles à piloter, puisque l’électronique embarquée est moins performante. Le matériel est pensé à l’économie – de poids, principalement : les mini-drones reposent des petits moteurs dits « brushed », légers, mais à courte durée de vie (environ 200 vols), et sur des batteries de faible capacité. L’électronique de bord est faite d’une seule carte qui cumule les capteurs – accéléromètre, gyroscope – et les fonctions – stabilisation, réception des ordres de vol.

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Avec des drones d’une dizaine de centimètres de côté, il est possible d’embarquer une caméra de quelques grammes à bord. La qualité est médiocre, mais cela permet de profiter d’un angle de vue inédit et de garder une trace de tous les vols !
À partir de 25 cm, les drones sont équipés de moteurs plus puissants, dits « brushless ». Ils permettent de placer une charge plus lourde, qui peut être une batterie puissante, une caméra de type Gopro ou un ensemble caméra + émetteur vidéo pour les vols en immersion. Ces moteurs ont besoin d’être gérés par des circuits électroniques, que l’on appelle des ESC (Electronic Speed Control).
En grimpant encore en taille, et parfois en ajoutant plusieurs moteurs supplémentaires, pour un total de 6 ou 8, il est possible de porter une caméra de meilleure qualité, voire un appareil photo reflex, ou d’embarquer plusieurs batteries pour augmenter la durée de vol.

Un drone, ça se pilote comment ?

Il existe quatre manières de contrôler le vol d’un multirotor :

  • La première est une radiocommande, c’est l’outil le plus classique, hérité du radiomodélisme. Elle fonctionne généralement en 2,4 GHz, avec une technologie de saut de fréquences qui permet d’éviter toute interférence sans se préoccuper de savoir sur quel canal on émet. Les radiocommandes en 2,4 GHz portent à une distance variant entre 20 mètres pour les tout petits modèles et 500 mètres pour des drones plus imposants. Notez que certaines radiocommandes sont à la norme 5,8 GHz pour éviter les conflits avec des caméras WiFi (en 2,4 GHz).
  • La deuxième méthode est le pilotage avec l’aide d’un smartphone ou d’une tablette, via une connexion Wi-Fi. C’est le constructeur français Parrot qui l’a mise au point avec son AR.Drone. Son avantage ? Tout le monde (ou presque) est équipé d’un smartphone et sait s’en servir avec facilité. Les inconvénients ? Le pilotage est imprécis et le Wi-Fi porte à très courte distance, moins de 70 mètres. Attention, les fiches techniques de certains constructeurs indiquent des portées de 100 mètres, parfois beaucoup plus, en Wi-Fi. Sachez que ces valeurs sont très optimistes, et que le moindre obstacle ou parasite porte un coup fatal à la connexion.
    Mais alors que se passe-t-il quand on perd la connexion avec la radiocommande ou le smartphone ? Sur la plupart des appareils, un dispositif appelé « Failsafe » coupe automatiquement les moteurs pour que le drone ne prenne pas le large. Les modèles les plus évolués, dotés d’un GPS, peuvent être programmés pour se poser là où ils se trouvent ou revenir automatiquement à leur point de départ. Une technologie qui s’appelle le RTH (Return To Home).
  • La troisième méthode pour contrôler un drone est la programmation du vol. Seuls les appareils récents et dotés d’un GPS sont capables de proposer cette fonction. Dans la pratique, le logiciel de programmation affiche une carte satellite de type Google Earth. Il suffit d’indiquer les points de passage à l’écran, la hauteur de chacun d’entre eux, pour que le vol se déroule de manière automatique.

  • La quatrième fonction est le « Follow me ». Son principe est simple : l’appareil est programmé pour vous suivre – ou vous précéder, en suivant votre déplacement à la trace. Idéal pour se filmer tout seul pendant une activité sportive ! Techniquement parlant, vous êtes équipé d’un dispositif capable de déterminer votre position GPS en temps réel et la communiquer sans fil au drone, un smartphone ou un bracelet GPS. Une autre méthode repose sur la reconnaissance des formes via la caméra à bord. La fonction « Follow me » est encore balbutiante : elle ne fonctionne pas toujours très bien, elle prend rarement en compte le dénivelé – imaginez-vous grimper une colline avec le drone qui vous suit à altitude constante, le crash est inévitable. Si le drone est dépourvu de détecteur de collision, il faut être attentif à ce qu’aucun obstacle ne se trouve sur le chemin du multirotor… A vrai dire, il faut être attentif même quand il est équipé, car la détection et l’évitement d’obstacles est une technologie encore loin d’être efficace.

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Le contrôleur de vol : intégré ou en kit ?

Le Flight Controller - contrôleur de vol en français - est l’outil qui s’occupe de la gestion de l’appareil. Il s’agit sans doute du composant qui a le plus progressé ces dernières années en profitant de la miniaturisation de l’électronique. Sur les petits appareils, on ne peut pas choisir son contrôleur de vol, il est intégré sur la carte mère. En règle générale, sur les appareils de marque, le contrôleur est imposé par le constructeur et le changer n’est pas possible, ou pas facile.

En revanche, certains multirotors sont livrés sans contrôleur de vol : il faut choisir le sien. Parmi les ténors du marché, on trouve le Naza du constructeur DJI. C’est lui qui anime le fameux Phantom, ce drone blanc aux formes arrondies qui a cartonné dans le monde entier. Plusieurs constructeurs ont adopté l’APM, un contrôleur de vol basé sur un système Arduino et un logiciel Open Source : c'est le cas du chinois Walkera, et de l’américain 3D Robotics. Les petits engins de compétition sont souvent animés par un contrôleur de vol MultiWii – une association heureuse entre le Wii Motion Plus de Nintendo et un Arduino –, le CC3D (en perte de vitesse), le Naze32, ou les nouveaux SP Racing F3 et KissFC.
Mais finalement, quelles sont les différences entre tous ces contrôleurs ? Les caractéristiques des plateformes se valent, sauf pour un usage très pointu. Dans le cas des contrôleurs haut de gamme, il est possible de procéder à des réglages sur PC et Mac, voire sur smartphone pour ceux dotés d’une puce Bluetooth. Les options se révèlent parfois un peu trop complexes, à tel point que le néophyte confronté à ces outils ne sait pas par où commencer. Quand on débute, mieux vaut opter pour un contrôleur de vol préréglé en usine.

Et question autonomie, ça donne quoi ?


Une autonomie de 10 minutes de vol est considérée comme correcte pour un multirotor. En dessous, c’est médiocre. Au-delà de 20 minutes, elle devient exceptionnelle ! 10 minutes, c’est très court ? Oui, c’est vrai. Mais lorsqu’on est très concentré sur le pilotage – et on est supposé l’être -, ces 10 minutes deviennent très longues ! La plupart des drones, certains modèles de très petite taille exceptés, fonctionnent avec des batteries amovibles. Libre à vous d’acheter autant de batteries supplémentaires que votre budget le permet, pour pouvoir voler plus longtemps. Attention, il existe un grand nombre de connecteurs, qui sont incompatibles entre eux. Peut-on opter pour une batterie qui n’est pas proposée par le constructeur, mais par un autre fournisseur ? Oui, pourvu que ses caractéristiques soient semblables à celles de la batterie d’origine.


Les batteries pour drones sont toutes des modèles Lithium-Polymère (Lipo), qui souffrent peu d’effet mémoire (pas la peine de les décharger totalement avant de les recharger). En revanche, elles sont très sensibles aux chocs. Et les petits modèles ont une durée de vie d’une centaine de cycles à peine. On trouve des batteries 1S (1 cellule) 3,7V et 2S (2 cellules) 7,4V sur les petits multirotors, des 3S 11,1V sur les appareils de compétition de format moyen, des 4S 22,2V sur les gros modèles. Les engins de plusieurs kilos reposent généralement sur des batteries 6S. La valeur mAh des batteries indique l’unité de charge électrique : plus elle est élevée, plus il y a de chances que vous voliez longtemps. Que signifie une batterie qui a gonflé ? Qu’elle est mal en point, souvent parce qu’elle a subi un choc. Il faut s’en débarrasser sans tenter de le recharger.


La recharge des batteries est assurée par un chargeur USB pour les petits modèles de 1S ou 2S. Les constructeurs fournissent généralement un chargeur sur secteur doté d’une prise d’équilibrage pour les plus grosses batteries, à partir de 3S. Il est en effet conseillé d’équilibrer le chargement des cellules pour harmoniser la charge et optimiser la décharge. C’est automatique, mais il faut disposer d’un chargeur qui en est capable. Il faut compter entre 30 minutes et deux heures pour la recharge d’une batterie. Une durée qui varie selon les modèles, les capacités, le chargeur…

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Comment savoir où en est la batterie pendant le vol ? La plupart des drones disposent d’un circuit qui détecte la fin du cycle de décharge et l’indiquent en faisant clignoter leurs Leds. C’est le signe qu’il est urgent de revenir se poser avant que la batterie ne rende totalement l’âme. En cas de doute, il existe des testeurs de batteries. Certains modèles permettent même de déclencher une alarme sonore en vol…

Que valent les caméras embarquées ?

Les caméras intégrées dans les drones de petit format sont de piètre qualité. La plupart filment en VGA (640 x 480), certaines en 720p. Mais elles souffrent de couleurs délavées trop bleues ou trop rouges, et d’une forte compression qui produit des effets « pâtés de pixels ». Sur les drones de plus grande taille, il est possible de placer une caméra GoPro. La qualité est très correcte, voire excellente sur les modèles récents. Attention aux concurrentes et aux copies chinoises : le prix est souvent attractif, mais la qualité de l’image est nettement inférieure. À l’exception de certains modèles, comme ceux de Sony ou de PNJ Cam par exemple. La plupart des drones sont pré-équipés d’une caméra : c’est le cas du Bebop 2 de Parrot, de la gamme Phantom 3 et 4 de DJI, des Typhoon de Yuneec… Ces constructeurs, dont certains anciens modèles étaient équipés de GoPro, ont réagi à l’annonce du Karma (le drone de GoPro) en développant leurs propres caméras. Leur qualité est très variable, mais il est rarement possible de les retirer pour les remplacer par un modèle plus performant.

Quelle caméra choisir, alors ?

Pour les appareils de petite taille, les caméras de type GoPro ne conviennent pas : elles sont trop lourdes et trop encombrantes. L’industrie des caméras dites keychain s’est développée depuis plusieurs années. Ce sont à l’origine des caméras de type porte-clés, d’une qualité médiocre. Mais des passionnés de modélisme ont persuadé les constructeurs chinois d’améliorer les composants électroniques et optiques, afin de réaliser des modèles plus efficaces. C’est ainsi que sont nées la 808 #16, d’une résolution de 720p, puis la Mobius, qui proposent des vidéos en 1080p à 30 images par seconde. Depuis sont apparues la Legend 1 de Foxeer, la Mobius 2 et la RunCam2 qui filment en 1080p à 60 images par seconde. Leur intérêt ? Elles pèsent moins de 50 grammes En comparaison avec les Gopro, qui flirtent avec les 100 grammes, elles sont donc ultralégères. Évidemment, il ne faut pas s’attendre au piqué de la caméra leader du marché, mais les images sont tout de même très réussies.



Enfin, n'oublions d'évoquer le compagnon des caméras sportives. Il s'agit de la nacelle stabilisée. Explications : si la caméra est directement fixée sous le drone, elle suit ses évolutions. Et ses soubresauts, ses embardées, et souffre de ses vibrations parasites. Le résultat à l’image est souvent désastreux. Pour y remédier, il faut faire appel à un support de caméra stabilisé. L’accessoire s’appelle une nacelle brushless (parce qu’elle repose sur des petits moteurs nerveux). Elle s’appuie sur un système de stabilisation électronique pour détecter les mouvements et les compenser automatiquement. Le résultat ? Même lorsque le drone entre dans une danse de Saint-Guy, la caméra reste parfaitement immobile et l’image enregistrée est parfaite, comme si elle avait été captée par une caméra professionnelle. Comment piloter l’angle de vue ? Les nacelles, en règle générale, peuvent être contrôlées sur leur axe horizontal, c’est-à-dire l’inclinaison vers le bas. Mais les plus évoluées peuvent aussi tourner à 360°.

Le Bebop de Parrot repose sur une technologie novatrice qui vient remplacer la nacelle : la stabilisation logicielle. Avec l’aide d’algorithmes complexes et d’une caméra grand-angle, plus besoin d’une nacelle et de ses éléments mécaniques (donc fragiles). L’image est dépourvue de vibrations et ne s’incline pas, même lorsque le Bebop est secoué par le vent… ou par son pilote. Notez que le constructeur français reste l’un des seuls à utiliser cette technologie.

Les vols en immersion, c’est quoi ?

À la caméra à bord est branché un émetteur vidéo qui transmet le signal en temps réel vers un récepteur au sol. L’image peut être visionnée sur un écran, une pratique parfaite pour contrôler le cadrage de la caméra pendant le vol. Elle peut aussi être projetée dans des lunettes dites d’immersion : elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux lunettes virtuelles utilisées pour le Home Cinéma. Avec ces lunettes, il est possible de piloter comme si on se trouvait assis dans le cockpit du multirotor !

La sensation de liberté est absolument étonnante : non seulement on profite d’une vue aérienne, mais on contrôle son déplacement à sa guise. Les premiers vols sont hésitants, le temps de prendre ses marques, mais on gagne vite en confiance. Les passionnés de vols en immersion, souvent aussi appelés vols FPV (First Person View), s’adonnent au low-riding. Le principe ? Voler le plus bas possible et le plus vite possible pour maximiser l’effet de vitesse. Des courses sont organisées, on appelle cela le FPV racing : le but est de voler sur un parcours prédéterminé semé d’embûches, un parcours en sous-bois par exemple, en prenant les autres concurrents de vitesse.

Ce qu’il faut savoir pour pratique les vols en immersion ? Il est indispensable de bien maîtriser le contrôle de son appareil en vol à vue avant tout. Il faut soigner son équipement vidéo pour optimiser la qualité de l’image. Car dans les lunettes d’immersion, on voit beaucoup moins bien que dans la réalité. Il faut aussi faire preuve de prudence et toujours être assisté par quelqu’un capable d’anticiper un danger : un piéton, un animal, etc.

FPV racing : la sensation du moment

C’est une discipline qui assure de bonnes poussées d’adrénaline ! Le principe est assez simple. Avec un drone généralement construit soi-même, un DIY (Do It Yourself), le challenge consiste à voler le plus vite possible, le plus près du sol possible pour une sensation de vitesse intense. Le tout en immersion, c’est-à-dire avec des lunettes qui affichent la vidéo filmée par la caméra à bord. Les premiers vols sont hésitants, mais on se prend vite au jeu et on accélère. Les crashs sont non seulement inévitables, mais très nombreux. Les drones en sortent généralement indemnes, même s’il faut changer les hélices presque à chaque fois. Plus on progresse plus on recherche la difficulté : les courses dans le bois, entre les troncs d’arbres et les branches traitres, sont terriblement excitantes. Le charme de Star Wars et la folie de WipeOut… dans la réalité ! La sécurité est bien maîtrisée pendant les courses de FPV racing puisque le parcours est balisé, sécurisé et surveillé et que les appareils ne dépassent jamais la cime des arbres – il n’y a donc aucun risque d’atteindre le plafond de 150 mètres de hauteur imposé par la réglementation. L’équipe de Airgonay, des Français de Haute-Savoie, est passée maître dans l’art du FPV racing, à la fois en réalisant des appareils spécialement prévus pour la discipline comme le Porket Racer 240 ou le Jpay Spider, et en comptant dans ses rangs des pilotes exceptionnels. Depuis ont eu lieu des courses à très forte dotation, 1 million de dollars à Dubaï, ou dans des endroits mythiques comme les Champs-Elysées. La « sensation du moment » est en passe de devenir un sport, une discipline déjà reconnue par la prestigieuse Fédération Aéronautique Internationale (FAI).

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Les courses de drones bricolés et optimisés se développent un peu partout dans le monde.

La checklist avant le décollage

Que ce soit avec un petit drone de quelques centimètres ou un appareil destiné à porter une charge, il est impératif de procéder à des vérifications avant le décollage. La radiocommande doit être allumée avant le drone. Les hélices sont-elles bien serrées ? La batterie ou les piles de la radiocommande sont-elles OK ? Les conditions météo sont-elles correctes ? L’endroit est-il suffisamment à l’écart de personnes ? Un décollage puis un petit « stationnaire », c’est-à-dire un vol sans bouger, permet de vérifier que les commandes répondent bien et que l’appareil ne vibre pas.

Réparer après un crash ?

Impossible d’y couper : tout pilote se plante, tôt ou tard. Les crashs ont des répercussions très variables. Au mieux, il n’y aucun dommage et la machine repart comme si de rien n’était. Attention, la checklist du décollage se révèle particulièrement importante après un crash. Le plus souvent, se retrouver au sol est l’assurance de casser des hélices. Ce sont des « consommables », mieux vaut en avoir sous la main sous peine de ne pas redécoller. Parfois, les ennuis sont plus sérieux : on peut casser un moteur, un bras, le train d’atterrissage. La bidouille permet souvent de repartir, en attendant des réparations plus sérieuses. Mais il faut toujours, après un crash sérieux, penser à vérifier les soudures et veiller à ce qu’aucune vibration n’apparaisse. En cas de doute, il ne faut pas décoller.


Drones de loisirs, drones civils ?

Les drones, on en parle beaucoup ces temps-ci. Soit parce qu’ils participent à des missions difficiles au Moyen-Orient, soit parce qu’ils sont associés à des survols illégaux d’endroits sensibles, comme les centrales nucléaires. Le terme drone décrit un appareil militaire non habité, piloté à distance ou dont le vol est programmé à l’avance. Par abus de langage, il décrit maintenant tous les appareils « télé-pilotés », selon le terme consacré par la réglementation française.
Outre les drones militaires, on trouve maintenant des drones civils destinés à des activités professionnelles, comme les prises de vues aériennes pour les télévisions, le suivi de production dans l’agriculture, la maintenance d’ouvrages d’art difficilement accessibles, la surveillance des départs d’incendies, etc. Et que dire des livraisons en drones, que Jeff Bezos d’Amazon présente comme une invention majeure ? Il ne fait aucun doute que l’activité va se développer, mais ce n’est pas pour tout de suite. En France, la réglementation donne un nom à la pratique des drones civils : ce sont les « Activités Particulières ».


Pour piloter un drone civil, il faut satisfaire à de nombreux requis, dont la détention d’un brevet de pilote ULM théorique a minima, d’un drone homologué, d’autorisations de vol. Rien de tout cela n’est nécessaire pour pilote un drone de loisirs. Heureusement ! Notez que les passionnés de drones de loisirs préfèrent utiliser le mot multirotor pour décrire leurs appareils, ce qui permet de les différencier des drones militaires.

Comment savoir si on peut voler légalement ?

La réglementation française sur les drones, qu’elle appelle « aéronefs télépilotés », a le mérite d’être l’une des premières au monde. Elle repose principalement sur deux arrêtés publiés en décembre 2015, en vigueur depuis le premier janvier 2016, mais il faut aussi prendre en compte des codes comme celui des Postes et Télécommunications. Ses avantages ? Elle pose des règles précises sur l’usage des appareils volants et radiocommandés, qui privilégie la sécurité. Ses inconvénients ? Les textes de loi sont particulièrement indigestes, certaines parties étant compréhensibles que par des spécialistes de l’aéronautique. Pourtant, la GTA (Gendarmerie des Transports Aériens) veille : il faut donc se débrouiller pour comprendre les règles…

Ce qu’il faut retenir de cette réglementation tient en 10 points :

  1. Je ne survole pas les personnes.
  2. Je respecte les hauteurs maximales de vol. C’est en général une hauteur de 150 mètres, mais pas toujours. Il faut se renseigner !
  3. Je ne perds jamais mon drone de vue et je ne l’utilise pas la nuit.
  4. Je n’utilise pas mon drone au-dessus de l’espace public en agglomération. Cela signifie qu’il est interdit en voler dans les villes, dans les villages, dans les parcs publics. Il est toléré de voler chez soi, dans un espace privé, ou avec l’autorisation du propriétaire. Un lotissement n’est pas une propriété privée puisqu’il est partagé.
  5. Je n’utilise pas mon drone à proximité des aérodromes.
  6. Je ne survole pas de sites sensibles ou protégés. Les centrales nucléaires en font partie, mais aussi les usines, les bâtiments publics, les parcs nationaux, les réserves naturelles.
  7. Je respecte la vie privée des autres.
  8. Je ne diffuse pas mes prises de vue sans l’accord des personnes concernées et je n’en fais pas une utilisation commerciale. Il est particulièrement important de ne pas diffuser des images de personnes sur le net sans leur consentement.
  9. Je vérifie dans quelles conditions je suis assuré pour la pratique de cette activité.
  10. En cas de doute, je me renseigne.

Quelques remarques ? La question revient souvent : peut-on décoller depuis son jardin ? La réponse est « probablement, mais il faut vérifier ». Car si le jardin est à proximité d’un aéroport, d’un héliport ou d’une zone sensible, c’est non. Et à un mariage pour immortaliser la journée ? Non, parce qu’il y a survol d’un rassemblement de personnes. À la plage ? Oui si elle est déserte. Mais dans le cas contraire, il y a aussi survol d’un rassemblement de personnes. Le cas du respect des règles d’insertion dans l’espace aérien est complexe puisqu’il faut avoir de sérieuses notions d’aéronautique pour les comprendre. Le plus simple consiste à consulter un outil comme Mach 7 Drones, qui facilite la compréhension des cartes et des différentes zones interdites de vol. Les emprises d’aéroports et les zones protégées autour des centrales nucléaires, par exemple, y figurent. Mais pas certaines zones comme celles déclarées Seveso ou les parcs nationaux - pourtant la plupart d’entre eux sont interdits de survol !

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État d’urgence… Qu'est-ce que ça change ?

Suite aux attentats perpétrés à Paris fin novembre 2015, la préfecture de Police de Paris a diffusé un arrêté d’interdiction de vol en drones dans tous les départements d’île de France. Il n’a été actif que le dimanche et le lundi qui ont suivi les événements. L’état d’urgence décrété par l’état pour 3 mois n’a pas d’incidence directe sur les vols de drones. En tout cas pour les vols pratiqués par les particuliers. Mais il faut savoir que certaines préfectures ont tenté de faire passer des arrêtés plus coercitifs que d’ordinaire. Notamment la préfecture du Haut-Rhin qui a tenté de faire valoir des interdictions de l’espace public – elle a finalement limité l’interdiction de survol aux marchés de Noël. Et tant pis pour les professionnels qui étaient en charge de la promotion de ces marchés.

La loi va-t-elle évoluer ?

La réglementation va évoluer, probablement avec de nouvelles restrictions. Un projet de loi a été déposé au Sénat, puis amendé par l’Assemblée Nationale. Il n’a pas encore été adopté. Ce qu’il ajoute, par rapport aux arrêtés de 2015 ? Pour les appareils de plus de 800 grammes, l’obligation d’enregistrer les drones de masse supérieure à 800 grammes, l’obligation de passer un QCM en ligne, l’obligation d’ajouter un dispositif lumineux, l’obligation d’ajouter un dispositif sonore en cas de perte de contrôle, l’obligation d’ajouter un dispositif de restriction de la zone de vol. Il faudra aussi que les constructeurs et distributeurs de drones fournissent une copie de la notice destinée aux pilotes de loisir dans les boîtes de drones… et de leurs pièces détachées. Même punition pour les particuliers qui revendent leur matériel !

Toutes ces restrictions sont, en l’état de la technologie et de l’industrie, difficiles à mettre en place. Les textes prévoient qu’une partie des requis ne sera applicable qu’à partir de 2018… Ce qui n’a par conséquent aucun impact sur la pratique actuelle, alors que c’était le but. Mais il y a bien pire à l’horizon… européen ! La European Aviation Safety Agency (EASA) prépare des textes encore plus coercitifs, au point d‘être totalement inapplicables. Mais toutes ces lois sont pour plus tard. En attendant, il faut profiter de l’actuelle réglementation française plutôt permissive, par rapport à ce qui se prépare. Et ne pas trop s’inquiéter de l’avenir, puisque les lois prévues ne sont tout simplement pas applicables en l’état.

Des nuisances sonores ?

Avec leurs multiples rotors, les drones font du bruit. Celui d’une mouche énervée pour les plus petits, jusqu’au son fort d’une tondeuse à gazon pour les plus gros. Une chose est certaine : on ne passe pas inaperçu quand on démarre un multirotor et, surtout, quand on pousse les gaz pour décoller. À la question « peut-on aller filmer la voisine chez elle avec son drone ? », la réponse est simple. D’une part ce n’est pas autorisé, pas plus que de la prendre en photo avec un smartphone – il s’agit du respect de la vie privée. D’autre part, la voisine a tout le temps de se cacher : elle entendra le drone bien avant qu’il ne s’approche.

Le bruit d’un drone fait parfois peur. Mais l'appareil est-il réellement dangereux pour autant ? La réponse est « oui, potentiellement ». Les hélices des multirotors sont lancées à grande vitesse. Une fois en rotation, elles deviennent très coupantes, même les plus petites dont la longueur ne dépasse pas 5 cm. Mettre le doigt dans une hélice de 6 pouces (15 cm) ou plus, c’est l’assurance d’être sérieusement blessé… Même avec des protections d’hélices, il convient d’être toujours extrêmement prudent et de ne jamais évoluer à proximité de personnes (ou d’animaux).

Quels sont les accessoires indispensables ?

Les batteries et les hélices sont des accessoires incontournables, un investissement auquel tout pilote doit consentir. Il est conseillé de s’équiper d’un bon chargeur de batteries. Son intérêt ? Il est capable d’optimiser la charge – à la différence des chargeurs en USB, fonctionnels, mais peu efficaces – il peut donc améliorer la durée de vie de la batterie.


Les protections d’hélices peuvent se révéler salutaires. Elles servent à protéger les hélices, comme leur nom l’indique, mais aussi à protéger l’environnement – y compris les humains – des hélices ! Attention, elles modifient sensiblement le comportement des drones : les petits subissent un surpoids et les gros souffrent d’une prise au vent plus importante.

Tôt ou tard, il faudra également pratiquer une opération du drone à cœur ouvert. Suite à un crash, par exemple, il faut impérativement vérifier les soudures, surtout sur les appareils de grande taille. Les constructeurs semblent prendre un malin plaisir à multiplier les tailles et les formats de vis. L’achat indispensable, c’est une trousse avec un tournevis et ses 30 ou 40 pointes différentes pour s’accommoder des vis plates, cruciformes Phillips, Torx, Pozidriv, ResistorX, Robertson, Torq-set, etc. Le scotch double-face et les scratch Velcro sont la bienvenue quand, sur le terrain, il faut fixer tant bien que mal une batterie qui bouge ou une caméra qui vibre. Enfin, le fer à souder à panne fine se révèle très vite indispensable lorsqu’il s’agit de pratiquer des réparations sur des moteurs.


En bref : les conseils pour bien débuter



Avant de prendre les commandes d’un multirotor de grande taille bardé d’électronique et capable de porter une caméra GoPro stabilisée, il est recommandé de se faire la main sur un petit engin. Sa taille réduite permet de s’entrainer n’importe où, y compris en intérieur. Les contrôleurs de vol d’entrée de gamme obligent à piloter vraiment, sans pouvoir se reposer sur l’assistance électronique. Ce qui permet d’acquérir les réflexes indispensables pour voler en sécurité, comme savoir gérer un vol avec le drone présenté de face ou de côté, sans devoir réfléchir. Quel modèle retenir ? Le X4 H107C de Hubsan est un excellent choix. Après quelques semaines de pratique assidue, le vol avec un engin de grande taille semble d’une simplicité désarmante !

La réglementation indique ce qu’il faut impérativement respecter avant de décider de décoller. Mais il faut surtout faire preuve de bon sens : pas question de décoller lorsque les conditions de sécurité ne sont pas réunies. Si par exemple il y a trop de vent, abstenez-vous. Si votre multirotor ne semble pas fonctionner correctement, ne tentez pas le diable. Si l’un des composants montre des signes de faiblesse, une batterie gonflée, une hélice tordue ou amputée, changez-les avant de repartir.

Les fiches techniques ne mentionnent pas toujours le mode de la radiocommande. Le plus répandu est le mode 2 : les gaz se trouvent sur la manette de gauche. Mais certaines radiocommandes fonctionnent en mode 1, gaz à droite. Quel est le meilleur mode ? Ni l’un ni l’autre. Mais une fois que l’on pilote dans un mode, il est très difficile de s’accommoder de l’autre mode, c’est un peu comme demander à un droitier de faire un beau dessin de la main gauche. Le principal est de choisir un mode et de s’y tenir. Il faut donc vérifier le mode à chaque fois que l’on achète un drone avec sa radiocommande. Notre conseil : préférez le mode 2, gaz à gauche, c’est le plus répandu en France.


Le jargon du drone

Vous allez rencontrer ces mentions à coup sûr si vous étudiez les fiches techniques des drones dans le commerce. Mieux vaut savoir à quoi elles correspondent !

  • ARF : Almost Ready to Fly. L’appareil est fourni sans récepteur radio, ni radiocommande, ni batterie.
  • BnF : Le drone est vendu avec un récepteur radio mais sans radiocommande. C’est à vous de vous en occuper.
  • CW et CCW ClockWise et CounterClockWise. En français, dans le sens des aiguilles d’une montre et dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Les hélices d’un drone sont CW ou CCW.
  • FPV : First Person View. Comme dans les jeux vidéo, FPV décrit une vue à la première personne. Dans le monde des drones, il s’agit de la pratique qui consiste à voler avec le retour de la caméra à bord, en temps réel.
  • Hélices autoserrantes : Ce sont des hélices qui se vissent sur l’axe du moteur sans besoin d’un écrou. Leur avantage ? Elles se posent et se retirent en moins d’une seconde, à la main, sans nécessiter d’outils et sans risque de se tromper de sens (CW et CCW). Leur inconvénient ? Elles sont un peu plus chères que les hélices classiques.
  • IOC : Intelligent Orientation Control. Lorsque d’un drone revient vers soi, les commandes de direction sont inversées. On s’en accommode facilement quand tout va bien. Mais lorsque le drone est un peu loin, qu’on perd le sens de l’orientation, tout se complique vite. L’IOC permet de piloter l’appareil sans se préoccuper de son orientation. C’est l’électronique de bord qui s’occupe de tout. La fonction est pratique pour les débutants, mais elle peut conduire à pratiquer un pilotage « paresseux » et se trouver en grande difficulté si l’assistance venait à flancher…
  • Mode 1, Mode 2 : Les radiocommandes en mode 1 utilisent le joystick de droite pour gérer les gaz. Sur celles en mode 2, c’est la manette de gauche. Seules les radiocommandes haut de gamme permettent de choisir les modes, les autres sont figées dans l’un des deux.
  • RTF : Ready To Fly. C’est un appareil prêt à voler à la sortie de sa boîte. Il est fourni avec sa radiocommande et une batterie.
  • RTH : Return To Home. C’est la fonction de retour automatique au point de décollage. Elle requiert un GPS (attention, certains drones d’entrée de gamme proposent le RTH sans GPS : ils fonctionnent très mal !). Le RTH peut généralement être déclenché volontairement, ou automatiquement en cas de perte de connexion radio.

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