Hawk-Eye surveille les courts de tennis

Quel bilan en tirent les arbitres, les directeurs de tournois ?

Le joueur John McEnroe était connu pour ses colères à l'encontre des arbitres.Avec le temps, les joueurs se sont habitués. « Au début ils avaient des doutes. Mais aujourd’hui, avec l’expérience, ça a changé, ils sont plus sereins. Cela aurait été l’outil idéal pour en calmer certains comme McEnroe ou Connors à l’époque ! On a une meilleure relation avec les joueurs » explique Caujolle.Un joueur comme James Blake reconnaît les avantages du système : « Je ne vais plus me coucher en me demandant si ce service était bon ou pas. Je demande le challenge et j’ai le résultat, il n’y a plus à se morfondre toute la nuit ! » Son compatriote Andy Roddick a souvent déclaré que ce système lui convenait car il laissait moins de place à la conviction d’un juge de ligne et plaçait une saine pression sur les arbitres.

Du côté des arbitres

Les arbitres aussi y ont trouvé leur compte : « Ils n’ont plus le risque de flinguer un match sur une mauvaise décision. » L’effet pervers à éviter étant un relâchement et une réticence à déjuger sous prétexte que le joueur a un recours. Un effet contré par le désir de prouver qu’ils sont plus forts que la machine. Rémy Azémar, lui, se réjouit de la sérénité apportée dans les relations avec les joueurs. « C’est le système qui fait foi, donc on a beaucoup moins de discussions houleuses avec les joueurs. Et puis ça a mis en avant la difficulté d’être arbitre. Ça a changé la manière d’arbitrer, de gérer les matches. Les juges de lignes ont peur d’être déjugés, ils cherchent donc à être encore plus performants. »

Le stade plein à craquer lors du match entre Nadal et DjokovicL’autre changement vient du côté du public. « Cela a comblé le manque d’interactivité avec les joueurs. Les gens vibrent lors des annonces, c’est quelque chose qu’ils attendent » explique Caujolle. Enfin, si des joueurs regrettent que le système ne soit pas sur tous les courts, l’explication en est avant tout financière, comme l’explique Jean-François Caujolle.